Le gouvernement vante une future fonction publique « plus attractive et plus réactive », les oppositions comme les syndicats, ne sont pas convaincus
Les députés se saisissent lundi du sujet très sensible des fonctionnaires. Le projet de loi qui concerne les 5,5 millions d’agents (Etat, hospitalière, territoriale) est « percuté » par avance par les récentes annonces du chef de l’Etat : le possible abandon de l’objectif de 120.000 suppressions de postes d’ici 2022 et la volonté de repenser le fonctionnement de la haute fonction publique, avec la suppression de l’ENA.
Ces sujets ne figurent pas stricto sensu dans le projet, mais ne manqueront pas de planer sur les deux semaines d’examen, avec plus de 1.000 amendements au menu, avant un vote solennel le 28 mai. La journée de mobilisation des fonctionnaires qui a rassemblé jeudi 108.900 manifestants en France selon le ministère de l’Intérieur, 250.000 selon la CGT, comptera aussi. Les syndicats ont fait front commun pour critiquer « un passage en force » du gouvernement, qu’ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l’indépendance des agents. (...)
Des contrats courts qui favorisent la précarisation
Les oppositions critiquent en particulier le recours accru aux contractuels, et voient dans l’instauration d’un « contrat de projet » (nouveau CDD sur le modèle du privé) un facteur de « précarisation ». Elles dénoncent aussi un recours important aux ordonnances.
Pour LR, Olivier Marleix a évoqué en commission « une espèce de mitage du statut ». La droite dénonce également l’absence de mesures sur le pouvoir d’achat ou qui « permettent de réduire la dépense publique ». (...)