Nouvel appel à rassemblements lundi soir 15 juin, quelques jours après la mort tragique et évitable de Lyhanna. La collégienne de 11 ans aurait été enlevée et tuée par un homme plusieurs fois signalé pour des faits de pédocriminalité. Partout en France, des manifestations se sont tenues devant les tribunaux pour exiger davantage de moyens pour la justice. À Paris, le rendez-vous était donné devant le ministère de la Justice, pour demander que soit votée une « loi intégrale » de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Deux mots peints sur la pancarte d’Aurélie résument l’état d’esprit de ce nouveau rassemblement. « Ça suffit ! » : « Il va falloir combien de cas, en fait, pour que le gouvernement se réveille et prenne conscience de ce qui se passe ? Que ce n’est pas un cas isolé et qu’au contraire des féminicides, des infanticides, il y en a tous les jours ».
Elles sont des centaines à être venues faire du bruit devant le ministère de la Justice, pour montrer qu’ici, c’est la responsabilité politique du gouvernement qui est visée.
« C’est de montrer que la manifestation de la semaine dernière n’était pas juste un petit événement, que je pense que les femmes, les familles sont prêtes à tenir et qu’on sera là et qu’on sera mobilisés tant que les lois ne changeront pas et que cette loi intégrale ne sera pas passée », explique cette manifestante. (...)
Catherine est venue avec le portrait d’Edouard Durand, premier président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) :
« Seulement un tiers des mesures préconisées par la CIVIS étaient mises en place d’une manière ou d’une autre. Cela veut dire qu’il y a encore deux tiers d’enfants qui peuvent passer au travers des mailles du filet et finir comme on peut imaginer ».
Elle sera à nouveau de la partie lundi prochain devant ce même ministère. Et chaque lundi, jusqu’à ce que la « loi intégrale », rédigée pour donner des moyens concrets de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, soit adoptée.
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Les trois quarts des préconisations émises il y a plus de deux ans par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) n’ont pas encore été « pleinement » appliqués, déplore la Ciivise dans un bilan remis, lundi 15 juin, au gouvernement. (...)
C’est le cas du renforcement des moyens pour les services sociaux et les services de santé dans les écoles, qui permettent de déceler les cas de violences sexuelles. Mais aussi de l’augmentation des contrôles dans les établissements accueillant des enfants. Cette dernière recommandation fait d’autant plus écho aujourd’hui, vu le scandale d’agressions sexuelles qui ébranle le périscolaire à Paris. (...)
« Un dysfonctionnement systémique de notre appareil judiciaire »
Mais malgré le volontarisme du gouvernement, « il faut passer à la vitesse supérieure », insiste la Ciivise. Car sur de nombreux points, le gouvernement est en retard, estime la commission, qui cite notamment le traitement judiciaire des affaires. La justice est « le point faible » de la politique publique menée contre les violences sexuelles sur les mineurs, déclare Denis Roth-Fichet. (...)
FreCha, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons