Magali Reghezza-Zitt, géographe, membre du Haut conseil pour le climat de 2019 à 2023, et Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, directeur de recherche au CNRS, sont invités sur France Inter ce lundi.
"On est en train de vivre l’une des années les plus froides du reste de notre vie", alerte ce lundi sur France Inter Magali Reghezza-Zitt, géographe et ancienne membre du Haut conseil pour le climat de 2019 à 2023, qui publie Bienvenue en 2055 : Dans un monde neutre en carbone, aux éditions du Seuil. Ce lundi, 49 départements français sont placés en vigilance rouge canicule, et 40 en vigilance orange. Des records de températures ont été relevé localement dimanche, jusqu’à 42,2°C dans le Cher, et la nuit a été exceptionnellement chaude, selon Météo France. (...)
ça va devenir un événement quasi normal en 2050", prévient la scientifique, qui rappelle la nécessité de freiner le réchauffement climatique. (...)
"Ce n’est pas un épisode, c’est quelque chose qui s’ouvre et qui n’a pas de fin, estime, de son côté, Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, directeur de recherche au CNRS, auteur de Sans transition (Seuil). C’est évident, et ça, on le sait depuis plus que 30 ans en vérité, depuis les années 70, on sait exactement ça".
Des décennies d’alerte de climatologues, de scientifiques du GIEC, pour qui la question était pas de savoir "quand, mais pas de savoir si", souligne Magali Reghezza-Zitt, qui déplore le manque de prise au sérieux des scientifiques. (...)
Un bilan sur la santé "qui risque d’être absolument épouvantable" à la fin de l’été
"Cette canicule, elle m’angoisse aussi parce que", malgré les rapports du Haut conseil pour le climat, dont elle a été membre entre 2019 et 2022, ou encore le rapport de Météo France a sorti en 2025 sur la trajectoire climatique, "les scientifiques continuent de se faire insulter, se font traîner devant les tribunaux, on entend de la désinformation permanente", insiste Magali Reghezza-Zitt.. (...)
La climatisation "une manière d’adapter un bâti", mais "ça consomme de l’énergie" (...)
L’historien déplore que les politiques, dès les années 80, ont fait "le pari du changement climatique en disant on pourra s’adapter", sans mettre tous les moyens sur la transition dans un premier temps. "Le problème de l’adaptation, c’est qu’aujourd’hui, on met des pansements, lance Magali Reghezza-Zitt. On gère l’urgence, on gère des crises, et pour l’instant on a la chance d’avoir des services de secours qui tiennent, on a la chance d’avoir des hôpitaux qui tiennent, on a la chance d’avoir une solidarité nationale qui fait que ça tient encore". Mais selon elle, "l’adaptation, ce n’est pas juste de mettre en place des solutions purement réactives, et puis s’adapter à quoi ? Parce que quand on aura 50 degrés en 2050, ça ne sera plus la même limonade". (...)