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RFI
Le Ghana accueille un sommet international pour faire avancer les réparations liées à l’esclavage
#Ghana #memoire #esclavage
Article mis en ligne le 17 juin 2026

Le Ghana accueille à partir de ce mercredi 17 juin un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Pendant trois jours, experts, ministres et chefs d’État tenteront de définir les prochaines étapes d’un mouvement qui a récemment franchi un cap symbolique avec le vote d’une résolution des Nations unies reconnaissant l’esclavage comme le crime le plus grave contre l’humanité.

L’objectif affiché à Accra est désormais de passer des déclarations aux actes. Cette première journée est consacrée à des discussions techniques destinées à définir un langage commun et à préciser les différentes formes que pourraient prendre les réparations. Les chefs d’État doivent rejoindre les travaux jeudi et vendredi.

« Il ne s’agit pas seulement d’argent »

Pour les défenseurs des réparations, la question dépasse largement celle d’une compensation financière. Selon eux, les conséquences de l’esclavage et du colonialisme continuent de se faire sentir aujourd’hui à travers les inégalités économiques, les discriminations raciales ou encore certaines fractures persistantes entre l’Afrique et sa diaspora. (...)

Les discussions portent ainsi sur un large éventail de mesures : restitutions d’œuvres d’art, investissements, programmes éducatifs, reconnaissance officielle des préjudices subis ou encore excuses de la part des pays ayant profité de l’esclavage.

Pour le président ghanéen John Mahama, champion de l’Union africaine sur cette question, les réparations concernent également la place de l’Afrique dans le monde contemporain. Il juge notamment inacceptable que le continent ne dispose toujours pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le chercheur rappelle par ailleurs que plusieurs États n’ont toujours pas présenté d’excuses officielles pour leur rôle dans la traite transatlantique. (...)

Le choix du Ghana n’est pas anodin. Le pays conserve certaines des traces les plus visibles de la traite transatlantique, notamment à travers les forts et châteaux de Cape Coast et d’Elmina, d’où des millions d’Africains furent déportés vers les Amériques. (...)


Image source : Martin23230 ;* Derivative work : by Marcos Elias de Oliveira Júnior talk ! + — Marcos Elias de Oliveira Júnior fala ! + (contact here), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons