Figure emblématique des Mères de la place de Mai en Argentine, Taty Almeida est décédée à 95 ans, a annoncé l’organisation dans un communiqué. Elle s’est engagée dans le mouvement après la disparition de son fils Alejandro en 1975, étudiant en médecine. Comme lui, ils sont plusieurs dizaines de milliers d’opposants à avoir été éliminés pendant la dictature qui a dirigé l’Argentine dans les années 1970.
(...) À partir de 1979, Taty Almeida a rejoint les Mères de la place de Mai, un groupe de femmes réclamant la vérité sur le sort de leurs enfants. Fille et sœur de militaires, elle, enseignante de profession, a tardé à rejoindre le mouvement. Mais depuis, sa présence, jamais sans son foulard blanc noué sous le cou, a été constante dans les mobilisations, les procès et le débat politique argentin.
« Adieu, chère Taty »
Sa mort a été déplorée par de nombreuses personnalités des droits humains, de la politique et de la culture en Argentine. (...)
Lire aussi :
– (Wikipedia)
Mères de la place de Mai en Argentine
(...) Depuis la chute du régime dictatorial en 1983, 11 000 disparus ont été formellement identifiés par l’État argentin[réf. nécessaire], mais les historiens et les Mères de la place de mai évaluent à 30 000 le nombre total de disparus.
Les Mères de la place de Mai sont, en Argentine, l’unique organisation de défense des droits de la personne composée exclusivement de femmes durant la dictature [1]. Depuis quarante ans, elles se sont battues pour retrouver leurs enfants enlevés par la dictature militaire (1976-1983). Plusieurs des fondatrices ont été assassinées à leur tour en décembre 1977, en compagnie des religieuses françaises Léonie Duquet et Alice Domon, par un commando dirigé par le colonel Alfredo Astiz.
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, le gouvernement dictatorial voulait faire passer pour « folles » ces mères et grands-mères parties à la recherche de leurs enfants disparus. La junte les affublait de ce sobriquet pour tenter de discréditer —comme s’il était une aberration sans objet— leur mouvement, lequel, s’exprimant au grand jour et de manière non violente, uniquement par des femmes pour la plupart déjà d’un certain âge, était difficile à réprimer frontalement. L’expression des « folles de la Place de Mai » fit dès lors le tour du monde et devint, à l’inverse de l’effet recherché par la dictature militaire, synonyme de résistance (...)
David Berkowitz from New York, NY, USA, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons