D’après des informations obtenues par « Mediapart », l’exécutif a décidé le mois dernier la dissolution du GIP Epau, le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains. Cet opérateur public menait des programmes de recherche avec les collectivités pour adapter les villes au changement climatique et atténuer ses effets.
Voilà qui fait tache, à l’heure où la France pulvérise tous les records de chaleur connus jusque-là.(...)
Cet opérateur public, qui emploie une vingtaine de personnes contractuelles, mène depuis deux décennies différents programmes de recherche en lien avec les collectivités locales. Leur sujet ? Renouveler les modèles d’urbanisme et les quartiers populaires, adapter les villes au changement climatique, intégrer la biodiversité dans le tissu urbain… et atténuer les bouleversements écologiques en cours. (...)
Alors que la France traversait déjà, les derniers jours de mai, une vague de chaleur précoce, le cabinet du premier ministre a acté pendant cette période la dissolution de l’organisme d’ici à la fin de l’année (...)
Incompréhension des scientifiques
Le GIP Epau, sous tutelle des ministères de la culture et de la transition écologique, mettait autour de la table élu·es, scientifiques, architectes, urbanistes et citoyen·nes. Autour d’une dizaine de programmes de recherche-action, d’expérimentation et de prospective, de multiples projets ont associé des centaines de chercheurs et chercheuses et accompagné, au total, près de 200 collectivités territoriales.
Si certains de ces programmes vont être réintégrés dans d’autres établissements, d’autres vont disparaître purement et simplement. C’est le cas de deux d’entre eux, Popsu (Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines) et Érable (programme orienté sur les politiques de biodiversité), qui permettent pourtant de mettre en œuvre une partie du Plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) lancé en 2023 au titre de la mesure 46 : « Mobiliser la recherche et les connaissances scientifiques sur le changement climatique et les solutions pour s’y adapter. »
« Les décideurs sont en train de casser le thermomètre. Mais ça n’empêchera pas d’avoir la fièvre. »
Jean-Baptiste Bosson, glaciologue
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« Que peut-on attendre de ce gouvernement, très franchement ? Absolument rien sur le plan écologique et social. »
Alain Damasio, écrivain
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Le sort du GIP Epau s’ajoute à l’avenir compromis des conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE)… et pourrait annoncer d’autres mesures dans un contexte où les grandes agences – telles que l’Anses (sécurité sanitaire), l’OFB (Office français de la biodiversité) ou Santé publique France – font les frais d’offensives répétées. Si le projet de loi « État local » qui menaçait l’Ademe a finalement été retiré le 25 juin, la pression pour remettre en question les moyens et l’indépendance de ces agences ne fait que s’accroître depuis deux ans.