Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RFI
Dialogue de Shangri-La : les tensions géopolitiques planent sur le forum de défense en Asie-Pacifique
#AsiePacifique
Article mis en ligne le 29 mai 2026

Principal sommet sur la sécurité en Asie-Pacifique, le dialogue de Shangri-La se tient du 29 au 31 mai à Singapour. Les sujets de préoccupation ne manquent pas cette année : la guerre au Moyen-Orient, le positionnement américain dans la région et le délicat dossier taïwanais.

Le dialogue de Shangri-La réunit chaque année son lot de ministres de la Défense, de généraux, de diplomates et d’experts de la plupart des États d’Asie-Pacifique afin de débattre des défis en matière de sécurité régionale. Mais derrière les discours soigneusement formulés et les conférences, ce sommet est généralement l’occasion d’échanges francs et de rencontres bilatérales derrière les portes de l’hôtel de Singapour qui a donné son nom au forum. Or cette année, les sujets de tensions sont nombreux. La guerre en Iran, l’engagement américain et Taïwan devraient dominer l’ordre du jour. (...)

Au-delà du risque de dispersion stratégique lié aux crises au Moyen-Orient et en Europe, l’inquiétude des partenaires asiatiques ne cesse de croître face à une administration Trump jugée imprévisible et peu fiable. (...)

Taïwan et la mer de Chine méridionale

Autre dossier sensible sur lequel règne un climat d’incertitude, la question taïwanaise. Ces dernières semaines, la Chine a multiplié les patrouilles, les opérations et les exercices autour de l’île, tandis que Taïwan dénonce une stratégie de pression graduelle visant à normaliser la présence militaire chinoise dans ses environs. Plusieurs incidents autour des îles Pratas et dans le détroit de Taïwan ont encore ravivé les tensions. Et là aussi, le positionnement américain interroge, alors que Donald Trump entretient une certaine ambiguïté depuis sa visite à Xi Jinping mi-mai, notamment sur la question de la vente d’armes à Taipei. Est-ce que Washington profitera du sommet pour rassurer ou pour entretenir cette ambivalence ?

En parallèle, les tensions restent aussi élevées en mer de Chine méridionale, en particulier entre la Chine et les Philippines, qui présideront l’Asean en 2026 et souhaitent relancer les négociations sur un code de conduite que peu d’observateurs jugent réellement faisable à court terme (...)

Une présence chinoise a minima

Or, le niveau de représentativité de la Chine est en soi un indicateur important. Aux dernières nouvelles, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, devrait cette année encore faire l’impasse sur le sommet pour envoyer à la place une délégation de l’Armée populaire de libération (APL). La participation – ou l’absence – du haut responsable est devenue un baromètre des tensions régionales. Après plusieurs années d’une présence de haut niveau à ce dialogue de premier plan, Pékin a déjà envoyé une délégation de rang inférieur en 2025. Un scénario similaire se dessine cette année et qui n’est pas anodin. (...)

Le rôle des puissances intermédiaires

Face à la rivalité sino-américaine, plusieurs États d’Asie du Sud-Est tentent de préserver une position d’équilibre afin d’éviter de devoir choisir un camp, comme Singapour et le Vietnam. (...)

Pour des États du Pacifique aussi, comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande - qui envoie un nouveau ministre de la Défense à peine nommé - le sommet est l’occasion de marquer leur positionnement stratégique et de tourner la page d’une certaine insouciance géographique. Les perturbations des routes maritimes ont montré que le Pacifique n’est plus un « bouclier » mais un espace vital à sécuriser activement.

Le renforcement des capacités navales, la consolidation des partenariats régionaux et la gestion prudente de la relation avec la Chine apparaissent désormais comme des impératifs de sécurité nationale. (...)