Le député Aymeric Caron est jugé pour injure raciste et antisémite après une plainte déposée par l’éditorialiste Rachel Khan.
(...) L’élu fait référence à la station de radio rwandaise qui diffusait en continu des propos appelant à l’extermination des Tutsis par les Hutus lors du génocide de 1994. Il dit avoir voulu la comparer avec Europe 1 pour dénoncer « sa propagande ». Rachel Khan, elle, dénonce une injure à la fois raciste et antisémite qui ne pouvait que la viser personnellement.
Un « génocide » en débat
« Pourquoi ce choix de Radio Mille Collines ? », interroge alors le tribunal. À la barre, Aymeric Caron explique d’abord pourquoi le terme de « génocide » lui paraît pertinent pour qualifier les exactions de l’État d’Israël à Gaza. Il évoque le bilan de l’époque, bien alourdi depuis, et toutes les instances internationales ou les personnalités, « la rapporteure spéciale des Nations unies [Francesca Albanese – ndlr] », « les historiens spécialistes des génocides », qui utilisaient déjà ce terme en 2024.
« Mais CNews et Europe 1 ont un rôle tout particulier, distingue-t-il. De nombreuses voix des médias Bolloré n’ont pas eu un mot pour dénoncer la perte de victimes civiles et ont lancé une campagne immonde pour dénoncer cette demande de cessez-le-feu. » (...)
« On me colle une accusation imaginaire parce que je suis engagé contre la politique israélienne. »
Aymeric Caron, député apparenté LFI (...)
Cet extrait diffusé sur grand écran condense notamment les prises de parole médiatiques de la chroniqueuse. Elle y déclare que la théorie selon laquelle « une vie égale une vie » n’est rien d’autre que « la propagande du Hamas », qu’elle « veut une solution finale acceptable avec le palestinisme », qu’elle estime que le discours d’Emmanuel Macron sur la reconnaissance de l’État de Palestine est « à vomir » ou qu’elle moque des Gazaoui·es sur une plage, y voyant certains travailler « leur “summer body” ». (...)
« Je ne vois ni racisme ni antisémitisme, conclut l’avocat après sept heures d’audience. Je vois l’expression d’une opinion, certes excessive et peut-être blessante. Mais Aymeric Caron a le droit de penser que ceux qui s’opposent à un cessez-le-feu à Gaza soutiennent un génocide. »
La décision sera rendue le 16 juin.