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Mediapart
Aymeric Caron jugé pour injure contre Rachel Khan : « À quel moment je fais allusion à sa couleur de peau ou à sa religion ? »
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #solidarites #SUMUD #AymericCaron #RacheKhan
Article mis en ligne le 23 mai 2026
dernière modification le 21 mai 2026

Le député Aymeric Caron est jugé pour injure raciste et antisémite après une plainte déposée par l’éditorialiste Rachel Khan.

(...) L’élu fait référence à la station de radio rwandaise qui diffusait en continu des propos appelant à l’extermination des Tutsis par les Hutus lors du génocide de 1994. Il dit avoir voulu la comparer avec Europe 1 pour dénoncer « sa propagande ». Rachel Khan, elle, dénonce une injure à la fois raciste et antisémite qui ne pouvait que la viser personnellement.

Un « génocide » en débat

« Pourquoi ce choix de Radio Mille Collines ? », interroge alors le tribunal. À la barre, Aymeric Caron explique d’abord pourquoi le terme de « génocide » lui paraît pertinent pour qualifier les exactions de l’État d’Israël à Gaza. Il évoque le bilan de l’époque, bien alourdi depuis, et toutes les instances internationales ou les personnalités, « la rapporteure spéciale des Nations unies [Francesca Albanese – ndlr] », « les historiens spécialistes des génocides », qui utilisaient déjà ce terme en 2024.

« Mais CNews et Europe 1 ont un rôle tout particulier, distingue-t-il. De nombreuses voix des médias Bolloré n’ont pas eu un mot pour dénoncer la perte de victimes civiles et ont lancé une campagne immonde pour dénoncer cette demande de cessez-le-feu. » (...)

« On me colle une accusation imaginaire parce que je suis engagé contre la politique israélienne. »
Aymeric Caron, député apparenté LFI (...)

Cet extrait diffusé sur grand écran condense notamment les prises de parole médiatiques de la chroniqueuse. Elle y déclare que la théorie selon laquelle « une vie égale une vie » n’est rien d’autre que « la propagande du Hamas », qu’elle « veut une solution finale acceptable avec le palestinisme », qu’elle estime que le discours d’Emmanuel Macron sur la reconnaissance de l’État de Palestine est « à vomir » ou qu’elle moque des Gazaoui·es sur une plage, y voyant certains travailler « leur “summer body” ». (...)

« Je ne vois ni racisme ni antisémitisme, conclut l’avocat après sept heures d’audience. Je vois l’expression d’une opinion, certes excessive et peut-être blessante. Mais Aymeric Caron a le droit de penser que ceux qui s’opposent à un cessez-le-feu à Gaza soutiennent un génocide. »

La décision sera rendue le 16 juin.