Une étude montre qu’en Allemagne, les salaires des personnes issues de l’immigration sont plus faibles que ceux des travailleurs allemands. Les femmes sont particulièrement touchées par cet écart salarial.
Publiée dans la revue Nature, l’étude se penche sur la situation financière des personnes issues de l’immigration en Allemagne, ainsi que dans huit autres pays à travers le monde. Elle révèle qu’en moyenne, les travailleurs immigrés de première génération gagnent près de 20 % de moins que le reste de la population.
Même pour les personnes immigrées de deuxième génération, cet écart salarial s’élève encore à près de 8 %.
L’étude souligne toutefois qu’il s’agit d’une amélioration significative que l’on peut attribuer à "l’acquisition d’une maîtrise de la langue à un niveau proche de celui des natifs et d’autres compétences spécifiques au pays, à l’achèvement du parcours scolaire national et à un meilleur accès aux réseaux, facteurs qui, ensemble, augmentent la productivité et réduisent les obstacles à l’accès à des emplois mieux rémunérés". (...)
Les personnes ayant des origines en Afrique ou du Moyen-Orient sont particulièrement touchées par ce phénomène d’écart salarial.
Le portail d’information sur les migrations Mediendienst Integration affirme que cette disparité est la preuve que de nombreux immigrés sont victimes de discrimination sur le marché du travail.
Ces inégalités salariales s’expliquent en premier lieu par le fait que les personnes immigrées travaillent moins souvent dans les secteurs les mieux rémunérés et ont moins de chances d’accéder à des postes à responsabilités. (...)
De plus, les travailleurs immigrés se retrouvent victimes de discrimination de la part de certaines entreprises et employeurs, qui les rémunèrent moins bien que leurs homologues non immigrés occupant des postes similaires. (...)
Les femmes sont particulièrement touchées par les écarts salariaux (...)
Validation des acquis
De plus, l’étude montre que les personnes immigrées exercent plus souvent des professions dans des secteur à faibles revenus, comme l’entretien ou les soins de santé. Pourtant, les métiers de la santé et de l’aide à la personne manquent cruellement de main d’oeuvre.
Là encore, les femmes immigrées occupent généralement des fonctions subalternes pour lesquelles elles sont surqualifiées. (...)
Enfin, les diplômes obtenus à l’étrangers ne sont souvent pas pleinement reconnus en Allemagne ou doivent être validés par des examens et des formations complémentaires qui posent le problème de la barrière linguistique pour les nouveaux arrivants.
Ainsi, en attendant de maîtriser suffisamment l’allemand, de nombreux étrangers travaillent pour des salaires inférieurs, souligne Mediendienst Integration.