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Vote électronique : les étranges connexions de Mitt Romney
Article mis en ligne le 6 novembre 2012

Le fonds d’investissement détenu par la famille du candidat républicain à la Maison Blanche est lié à une entreprise qui fabrique des machines de vote électroniques, Hart InterCivic. Ces mêmes machines utilisées pour le scrutin présidentiel dans plusieurs États clés, dont l’Ohio. Aux États-Unis, la polémique enfle sur ce conflit d’intérêt sans précédents.

(...) L’affaire pourrait embarrasser Mitt Romney. Ou même remettre en question l’intégrité du scrutin présidentiel. En cause : les liens du candidat républicain avec l’un des principaux fabricants de machines de vote aux États-Unis ! L’entreprise Hart Intercivic fournit des outils de vote électronique à de nombreux États américains. Malgré des liens assez rapprochés avec Mitt Romney et son entourage, mis en lumière par plusieurs journalistes ces dernières semaines. (...)

Ces connexions suscitent d’autant plus de méfiance que le vote électronique a déjà été l’objet de nombreuses critiques. En 2007, une étude sur les machines à voter est effectuée à la demande des autorités de l’Ohio, l’un de ces États qui peuvent faire basculer l’élection présidentielle. Conclusion : les cinq systèmes de vote utilisés dans l’État – y compris celui de Hart InterCivic – avaient des « défauts critiques » pouvant compromettre l’intégrité des élections. Dans les bureaux de vote, il était possible de crocheter les serrures des machines de vote pour accéder aux cartes-mémoires et introduire de faux votes ou des logiciels malveillants dans les serveurs, rapportait le New York Times en décembre 2007. (...)

En France, une telle problématique peut sembler bien lointaine... Ce serait oublier les conditions de mises en œuvre du vote par internet, lors des dernières élections législatives. Celui-ci a été sous-traité à cinq entreprises, dont Atos, chargée d’« héberger la solution » de vote électronique. Une entreprise dirigée par Thierry Breton, ancien ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Nicolas Sarkozy, et par Nicolas Bazire, membre du conseil de surveillance de la Banque Rothschild et directeur général du Groupe Arnault [3] (lire notre enquête). Ne devrait-on pas exclure définitivement les entreprises privées de tout processus électoral et démocratique avant qu’il ne soit trop tard ? (...)