Menée à l’université de Warwick, elle pointe, chiffres à l’appui, que si les terroristes peuvent infiltrer les flux migratoires, l’immigration en général ne contribue pas à la montée du terrorisme.
Plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe en 2015, annonçaient en fin d’année dernière l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les Nations unies. Le département des affaires socio-économiques de l’ONU constatait par ailleurs en 2013 que 232 millions de personnes dans le monde étaient des migrants, soit 3% de la population mondiale. Ces flux migratoires, massivement provoqués en Europe par les conflits au Moyen-Orient et en Afrique ces dernières années, se heurtent parfois à des politiques gouvernementales hostiles aux réfugiés. En novembre 2015, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a ainsi défendu un strict contrôle des frontières en affirmant que « tous les terroristes [étaient] des migrants », dans une interview à Politico.
Une étude de l’université de Warwick, qui vient d’être publiée dans le Journal of Politics, soutient à l’inverse qu’il n’y a pas de lien de cause à effet entre immigration et terrorisme. Les auteurs de l’étude, Vincenzo Bove et Tobias Böhmelt, se sont basés sur les données de la Banque mondiale et de la Global Terrorism Database de l’université du Maryland pour croiser les informations disponibles sur les flux migratoires dans 145 pays, entre 1970 et 2000.
Il ressort de leurs conclusions que si le terrorisme peut s’appuyer sur les réseaux migratoires pour recruter et répandre son idéologie, les flux de migrants en eux-mêmes ne contribuent pas à une montée du terrorisme dans les pays d’accueil. C’est même plutôt le contraire : plus l’immigration augmente, moins la menace terroriste est présente. (...)