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L’Italie et les victimes de torture
#Italie
Article mis en ligne le 27 mai 2026
dernière modification le 25 mai 2026

Présentation du rapport ReSST

en ligne sur Teams, le 25 mai 2026 à 17h30

Présentation du rapport du Réseau italien de soutien aux personnes ayant survécu à la torture (dont font partie le CIAC et le NAGA), en collaboration avec Action Aid. Ce document a été transmis au Comité des Nations unies contre la torture (CAT) à l’occasion du 7e examen périodique de l’Italie.

Le Réseau italien de soutien aux personnes ayant survécu à la torture (ReSST), en collaboration avec Action Aid, publie aujourd’hui le rapport « L’Italie et la réadaptation des victimes de torture », qui montre comment l’Italie, au-delà des annonces et des recommandations non contraignantes, reste largement en défaut de respecter ses obligations internationales qui imposent de rendre accessibles aux survivants de la torture les services spécialisés nécessaires à une réadaptation complète.

Le rapport, présenté en avant-première au Comité des Nations unies contre la torture (CAT) à l’occasion du 7e examen périodique de l’Italie, sera discuté lors d’un webinaire organisé par le ReSST le 25 mai prochain à 17h30 (participation sur inscription) avec :

  • Pietro Buffa, rédacteur du rapport
  • Chiara Montaldo, responsable médicale de Médecins Sans Frontières (MSF)
  • Gianfranco Schiavone, président du Consortium italien de solidarité (ICS)

Des soins sur le papier

Le rapport souligne que les lignes directrices du ministère de la Santé de 2017 ont valeur d’orientation, mais ne garantissent pas le respect des obligations. De même, le vademecum sur les vulnérabilités du ministère de l’Intérieur de 2023 constitue un ensemble de recommandations non contraignantes et dépourvues de toute mise en œuvre concrète.

« Actuellement, l’Italie, principale destination européenne pour des milliers de personnes ayant subi des tortures dans leur pays d’origine ou pendant leur transit, en Libye et en Tunisie, ne respecte aucune des obligations de la Convention des Nations unies contre la torture », déclare le Dr Chiara Montaldo de MSF. « Les services existants reposent presque entièrement sur des initiatives individuelles au sein du système de santé public et, surtout, sur le secteur tertiaire. »

Il en résulte un système qui, bien qu’il existe sur le papier, ne parvient souvent pas à garantir un véritable parcours de réadaptation aux personnes ayant survécu à la torture. Dans de nombreuses régions d’Italie, il manque encore des services spécialisés et du personnel formé pour venir en aide à ceux qui ont subi des tortures et des violences extrêmes. À cela s’ajoute un manque de collaboration entre le système de santé et celui de l’accueil, ainsi que l’absence d’outils permettant de vérifier si les programmes de réadaptation fonctionnent réellement et parviennent aux personnes qui en ont besoin. C’est pourquoi de nombreuses personnes ayant survécu à la torture ne sont pas identifiées à un stade précoce et ont du mal à accéder rapidement à des soins et à un soutien spécialisé continu.

Selon l’analyse d’ActionAid contenue dans le rapport ReSST, le système d’accueil ne dispose pas aujourd’hui des conditions minimales pour reconnaître la torture et les traumatismes complexes, en raison de la réduction drastique des services, du peu de temps disponible pour chaque personne et de l’augmentation des demandes de protection. « Il est donc pratiquement impossible que la vulnérabilité soit identifiée et prise en charge à temps, et elle risque de n’apparaître que lorsqu’elle se transforme en crise, tandis que la privation de liberté risque de se traduire par un manquement à l’obligation de protection », déclare Fabrizio Coresi, expert en migrations chez ActionAid Italie.

Examen périodique de l’Italie par le CAT

Le CAT est parvenu aux mêmes conclusions dans son document d’observations finales, adopté à l’issue de la dernière session d’examen périodique de l’Italie.

Le CAT a regretté que l’Italie n’ait fourni aucune information sur l’existence de programmes de réadaptation destinés aux victimes de la torture, comme le prévoit l’article 14 de la Convention des Nations unies. Le CAT a demandé à l’Italie de veiller à ce que toutes les victimes de torture bénéficient des moyens nécessaires à une réadaptation aussi complète que possible (conclusion n° 38), et d’adopter des mesures supplémentaires pour assurer l’identification rapide des victimes de torture (conclusion n° 16), au moyen de procédures de dépistage à appliquer tant à l’entrée en Italie qu’au moment de l’admission dans les centres de rétention.

Les demandes de la ReSSt à l’Italie

Le ReSST exhorte l’Italie à mettre en œuvre les recommandations du CAT afin de remédier à cette asymétrie persistante entre les obligations contractées et leur mise en œuvre concrète. « Où qu’il se trouve en Italie, un survivant de la torture devrait avoir accès à des soins », conclut Montaldo de MSF. « Il faut des mécanismes financiers stables et dédiés pour passer de réponses d’urgence à des mesures à long terme, ainsi qu’un système de suivi pour évaluer la qualité, l’efficacité et la transparence. »

ReSST

Le Réseau italien de soutien aux personnes ayant survécu à la torture (ReSST) rassemble depuis 2024 des ONG et des organismes publics/privés qui gèrent en Italie des programmes ou des services spécialisés pour la prise en charge des personnes ayant subi la torture : Caritas, Kasbah, Médecins contre la torture (MCT), Médecins sans frontières (MSF), Médecins pour les droits de l’homme (MEDU), SaMiFo ASLRoma 1 et USL Toscana Centro, ainsi que le Centre pour l’immigration, l’asile et la coopération internationale (Ciac) et NAGA, membres d’Escapes.

Font partie du réseau en qualité d’observateurs A Buon Diritto, Amnesty International Italie, Antigone et SIMM – Société italienne de médecine des migrations.