Claire Manor Le 29 mars dernier, dans le quartier de Montaigu à Melun une fillette avait été blessée de 2 tirs de flash-ball par des policiers qui tentaient de disperser un attroupement hostile. Deux mois après, l’enquête de police confiée à la sûreté départementale est bouclée et la procureure de Melun a classé le dossier sans suite. Le sort de cette jeune victime, élève de CM2, vient rejoindre celui des multiples victimes des tirs de flash-ball, blessées une 2ème fois par la justice après l’avoir été par la police.
11 ans, deux balles, et des cauchemars toutes les nuits
Vers 20 heures, alors qu’elle revenait tranquillement de chez une copine, la fillette a été frappée de deux tirs successifs de flash-ball. L’un l’a touchée à la jambe et l’autre dans le dos. Sa grande sœur de 14 ans qui l’accompagnait raconte : « J’ai vu plein de fumées et j’ai commencé à courir avec ma petite sœur, qui a commencé à se plaindre d’avoir mal. Elle est devenue toute bleue et toute violette. ». En raison de ses blessures, elle a subi 21 jours d’incapacité totale. Mais là ne s’arrête pas le préjudice. Sa mère qui a porté plainte explique que depuis ce jour-là, sa fille « fait des cauchemars toutes les nuits et qu’elle doit la conduire chez le psychologue ».
Classement sans suite, rien que du très habituel
« C’est une affaire qu’on suit de très près », « Les policiers et la famille de la victime vont être entendus » avait assuré la procureure de Melun, Béatrice Angelelli. Aujourd’hui, le « verdict » est tombé : classement sans suite. (...)
Les blessures par flash-ball ou autres armes meurtrières utilisées par la police sont de plus en plus fréquentes et graves mais toujours tolérées par l’Etat, sa police et sa justice.
Toutes les astuces juridiques sont bonnes pour protéger les forces répressives de l’Etat des rigueurs de la justice (...)
Les pétitions et appels se multiplient pour exiger d’en finir avec les armes meurtrières, flash-ball, lanceurs de Balles et autres tazers dont les ravages ne se comptent plus contre les manifestants, la jeunesse des quartiers et tous ceux qui ont le malheur de se trouver sur le passage, comme ce fut le cas pour cette gamine de 11 ans.
Victime sans raison d’une violence aveugle, elle n’a même pas la consolation d’un préjudice reconnu. Il est vraiment temps d’en finir avec autant d’iniquité.