Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France24
Tokyo 2021 : une athlète biélorusse se dit "en sécurité" après avoir évité un départ forcé de Tokyo
Article mis en ligne le 2 août 2021
dernière modification le 6 août 2021

La sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya, qui devait participer lundi aux séries du 200 m, affirme avoir été emmenée à l’aéroport de Tokyo contre sa volonté après avoir exprimé publiquement des critiques à l’encontre des entraîneurs de son pays. Elle aurait demandé la protection de la police japonaise. Dans la soirée, celle-ci a assuré être "en sécurité" dans un poste de police à l’aéroport de Tokyo.

(...) La sportive, qui avait participé vendredi aux séries du 100 m, aurait reçu l’ordre de faire ses affaires. Elle aurait ensuite été emmenée vers l’aéroport par deux membres de sa délégation. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la sportive en appelle au Comité international olympique (CIO). "J’ai reçu des pressions et ils essayent de me sortir du pays sans mon consentement. Je demande au CIO d’intervenir", dit-elle sur ces images.

Dans la soirée, celle-ci a dit être "en sécurité", sous protection policière.

"Je suis en sécurité et on est en train de décider où je vais passer cette nuit", a déclaré l’athlète dans un communiqué publié sur Telegram peu après 17 h par la Fondation biélorusse de solidarité sportive. Elle a précisé qu’elle se trouvait dans un poste de police à l’aéroport de Tokyo. (...)

Dans un tweet publié en fin de journée, le CIO a quant à lui annoncé "examiner la situation" et avoir demandé des "éclaircissements" au comité national olympique biélorusse.

"Le CIO et Tokyo-2020 ont parlé directement à Krystsina Tsymanouskaya ce soir. Elle est avec les autorités à l’aéroport d’Haneda et accompagnée par un membre de l’équipe de Tokyo-2020. (...)

L’athlète a critiqué le fait qu’elle participe au relais 4x400 m, qui n’est pas sa spécialité, en raison de l’absence de certains membres de l’équipe qui n’ont pas réalisé suffisamment de tests antidopage.

"Pourquoi nous devons payer pour vos erreurs ? (...) C’est de l’arbitraire", s’est-elle insurgée dans un post. "Je n’aurais jamais réagi de manière si sévère, si on m’avait dit à l’avance, expliqué toute la situation et demandé si j’étais capable de courir un 400 mètres. Mais on a décidé de tout faire dans mon dos", a-t-elle écrit dans un message séparé. (...)

Selon la Fondation biélorusse de solidarité sportive, elle se trouvait dimanche soir à l’aéroport Haneda de Tokyo, terminal 3. La Fondation a assuré que la jeune femme avait été placée sous protection policière et qu’un représentant du ministère japonais des Affaires étrangères se rendait à l’aéroport pour la rencontrer.

"Le CIO a vu les articles dans les médias, étudie la situation et a demandé des explications au CNO (comité national olympique)" biélorusse, a aussi déclaré par la suite à l’AFP un porte-parole du CIO. (...)

Pour sa part, le comité olympique biélorusse dirigé par Viktor Loukachenko, fils du président Alexandre Loukachenko, a assuré dans un communiqué que la sportive avait dû suspendre sa participation aux JO sur "décision des médecins, en raison de son état émotionnel et psychologique". Une déclaration qualifiée aussitôt de "mensonge" par l’athlète devant la presse à l’aéroport.

Krystsina Tsimanouskaya a reçu le soutien de l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa, actuellement exilée en Lituanie. Dans un message publié sur son compte Twitter, cette dernière a déclaré que la sportive avait "le droit à une protection internationale" et de "continuer à participer aux Jeux olympiques". (...)

Des sportifs réduits au silence

Dans ce pays d’Europe de l’Est, la frontière est ténue entre le monde du sport et le pouvoir politique. En décembre dernier, le président de la Biélorussie Alexandre Loukachenko avait été banni des Jeux olympiques de Tokyo 2021 par le Comité international olympique (CIO) en raison de "discriminations politiques" à l’encontre d’athlètes ayant contesté sa réélection à la tête du pays, il y a un peu moins d’un an. (...)

Le décathlonien Andrei Krauchanka, arrêté lors d’une manifestation et expulsé de l’équipe nationale, avait pour sa part décidé de mettre aux enchères l’une de ses médailles dans le but de soutenir les opposants de son pays. La basketteuse star Yelena Leuchanka a aussi été emprisonnée pendant une quinzaine de jours pour avoir pris part aux manifestations anti-présidentielles dans son pays.