Retour sur les faits survenus le 4 août dans le quartier de la Belle de Mai, aux alentours de 19h, avec des habitants. Une toute autre version que celle du syndicat de police Alliance, déjà reprise par les médias, pour enterrer l’affaire et salir un jeune tué lors d’un simple contrôle routier.
« Souhil était stressé parce que la voiture était à sa mère. Il n’avait pas d’assurance et il avait peur qu’ils immobilisent le véhicule et qu’il soit retiré à sa mère », complète, après un effort, le troisième jeune.
« Le policier placé à l’arrière, au niveau de la plaque d’immatriculation, s’est alors reculé. Il a commencé à téléphoner pour vérifier l’immatriculation du véhicule », affirme clairement la mère des deux jeunes filles, qui a une vue imprenable sur la scène. « A ce moment précis, voyant que le troisième policier n’était plus dans le champ de la voiture, le jeune a reculé », ajoute la maman. « C’est dans la manœuvre pour reculer sur l’autre rue, qu’il a touché à la jambe le policier resté à l’avant du véhicule. Il a été légèrement touché et il est tombé à terre. Il s’est mis à crier très fort mais ça se voyait qu’il n’avait presque rien. Il s’est vite relevé », enfonce le grand-père. « Le policier à l’arrière s’était reculé pour téléphoner mais quand il a entendu crier son collègue, il s’est rapproché, la voiture est passée juste à côté, il a tiré sur le jeune et l’a touché », précise la maman. « Le véhicule reculait vite en tournant pour éviter les policiers, mais une fois le conducteur touché, la voiture est allée s’enfoncer sur une autre voiture, sur la rue derrière, et est même montée sur le trottoir, elle a failli blesser gravement leur troisième ami, resté sur le perron », affirme le grand-père.
Aucun des policiers n’était dans le champ lorsque le policier de l’arrière a tiré. Le policier tombé était loin du véhicule. (...)
« C’est vrai, le jeune, il a essayé d’échapper au contrôle mais c’est tout. On ne tue pas un jeune pour ça », dit-elle, effondrée.
Elle ajoute : « La voiture était à l’arrêt. Le jeune touché ne bougeait plus. Nous, on criait pour qu’ils appellent les pompiers, une ambulance. Mais ils ne faisaient rien, ils n’appelaient pas les secours. Laisser mourir un jeune comme ça, c’est horrible ». Une deuxième voisine, du balcon d’en face, elle aussi, a vu toute la scène. En colère, elle en rajoute une couche : « Ils avaient tellement la haine ces policiers que la seule chose qu’ils ont faite, c’est sortir l’autre jeune, le passager, le menotter et une fois à terre, lui mettre des coups de latte. Lui, il criait : "mais arrêtez de me frapper ! Vous voyez bien que je ne résiste pas". Au bout de la troisième ou quatrième fois, ils ont fini par arrêter ». « Le policier touché par la voiture s’est relevé et il a même participé à l’arrestation, c’est bien le signe qu’il n’avait rien, même pas une fracture. Il s’est remis à avoir mal et à ne plus bouger quand l’ambulance est arrivée », ajoute le grand père. (...)
« Vous imaginez, ça a duré au moins sept à huit minutes avant qu’ils acceptent enfin d’appeler les secours. Pendant ce temps, le jeune se vidait de son sang ! » (...)
Les voisins et les gens attroupés sont finalement évacués à l’arrivée des renforts. Ils n’accéderont plus à la scène et à la rue.
« Les secours sont arrivés au bout de 15 minutes. Le jeune était mort, il avait déjà les yeux ouverts », explique la mère. « Mes petites filles n’ont pas pu dormir hier, elles ont fait des cauchemars, un jeune aux yeux ouverts venait les réveiller dans leur chambre. On est resté à veiller jusqu’à deux heures du matin », poursuit-elle. « Tirer, toucher quelqu’un mais ne pas appeler les secours, empêcher les voisins de porter secours, laisser le jeune tout ce temps sur son siège, ils ne l’ont même pas sorti de la voiture, aucun geste de premier secours, qu’est-ce que ça veut dire ? » appuie la mère de famille... « Ce n’est pas humain de faire ça, c’étaient des jeunes dans une voiture qui discutaient », dit le grand-père meurtri. (...)
Ne laissons pas la police voler la vie d’un jeune en toute impunité.
Diffusons la parole des témoins directs et des habitants, pas celle d’Alliance. Réagissons.