C’était un des points les plus contestés de la loi pour l’égalité femmes/ hommes. L’article 17, qui renforce la responsabilité des hébergeurs et fournisseurs d’accès face aux provocations sexistes et homophobes sur internet, a été adopté par les députés. L’avis du gouvernement l’a emporté.
L’article 17 du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes trouvait des opposants dans tous les camps chez les députés, même au parti socialiste. Mais c’est l’avis du gouvernement qui a été suivi par les députés et l’article 17 été adopté vendredi 24 janvier. Il oblige les intermédiaires techniques, FAI (fournisseurs d’accès à internet) et hébergeurs, à signaler à la plate-forme Pharos les contenus sexistes, homophobes ou handiphobes.
Depuis la loi sur l’économie numérique de 2004, ces intermédiaires doivent déjà signaler 1 les contenus constituant des provocations et apologies de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, ou des provocations au terrorisme, à la haine, à la violence et au racisme.
Ils devront désormais signaler également les contenus qui « auront provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap ».
Opposition dans tous les camps
Cette disposition qui figurait dans le projet de loi initial présenté en juillet 2013 (Voir : La loi pour renforcer la lutte contre le sexisme sur internet) a rencontré depuis une franche opposition des acteurs concernés. Et cette opposition rencontrait des soutiens dans tous les camps à l’Assemblée nationale. Même le groupe socialiste, comme les groupes EELV et UMP, avait présenté un amendement visant à supprimer l’article 17.
En décembre, le Conseil national du numérique avait rendu un avis défavorable à cet article (à télécharger ici).
Principal motif de rejet : la crainte de la « censure automatique ». La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, estime que « compte-tenu de la jurisprudence qui tient les hébergeurs pour responsables dès lors qu’ils ont connaissance de l’existence de contenus sur leurs services, cette extension risque de poursuivre la transformation des hébergeurs en police privée du Net, les incitant à la censure automatique de tout contenu signalé. » (...)