Les associations féministes et de défense des enfants appellent à des rassemblements réguliers devant les tribunaux en France et devant le ministère de la Justice.
Les associations féministes et de défense des enfants appellent à se rassembler tous les lundis soir devant les tribunaux en France et devant le ministère de la Justice à Paris pour réclamer « la mise à l’agenda immédiate d’une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, dotée de moyens conséquents ». Une pétition en ligne réclamant cette loi intégrale rassemblait mardi plus de 200 000 signatures.
Cette coalition, qui regroupe quelque 150 associations et syndicats, organise également une grande manifestation le 4 juillet : « l’idée, c’est de faire une marche populaire et rassembleuse, à laquelle tout le monde peut participer », a précisé jeudi à l’AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. (...)
Lundi, quelques milliers de manifestants se sont rassemblés en fin de journée dans des dizaines de villes de France et devant la Chancellerie à Paris, mettant en cause la justice dans l’affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles. (...)
Pétition : Pour une LOI-CADRE INTEGRALE contre les violences sexistes et sexuelles
Depuis quelques années, l’idée de modifier la définition légale du viol pour y introduire la notion de consentement revient régulièrement comme un refrain entêtant.
Avec l’affaire #Mazan qui connait un retentissement sans précédent, cette idée effectue un retour en force et le nouveau Ministre de la Justice a annoncé qu’il était favorable à une évolution législative en ce sens dans le droit fil des annonces faites par le Président Emmanuel Macron il y a quelques mois.
C’est une très mauvaise idée qui n’aboutirait qu’à fragiliser encore plus les victimes.
Le "consentement" n’est pas du tout le concept novateur que l’on veut bien nous présenter.
Rappelons que la définition actuelle du viol qui est issue de la loi de 1980 est le fruit d’une évolution portée par les luttes féministes contre la précédente définition du viol qui reposait sur la notion de consentement et aboutissait à porter toute l’attention sur le comportement de la victime au lieu d’examiner celui de l’agresseur.
Faire reposer le viol sur la notion de consentement revient à adopter la stratégie de défense des accusés qui cherchent à se déresponsabiliser, à noyer le poisson et à détourner l’attention de ce que l’on devrait scruter et analyser : leur comportement, leur schéma de pensée, et les manœuvres qu’ils ont mises en place pour parvenir à leurs fins.
Il est plus que temps de replacer l’agresseur au centre des débats judiciaires et sociétaux concernant les violences sexistes et sexuelles.
Le viol, c’est un homme qui fait le CHOIX d’imposer un acte sexuel à une femme en utilisant différentes stratégies et manœuvres pour y parvenir.
Il est temps de se rappeler que c’est l’agresseur que l’on juge, pas la victime. (...)
Il faut mettre en place une LOI-CADRE INTÉGRALE dédiée à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et qui s’attaque à tous les aspects du continuum des violences subies par les femmes et les filles.
Une stratégie globale, qui aille de la lutte contre le sexisme et la misogynie dans laquelle elles s’enracinent, jusqu’au suivi en aval des auteurs de violences sexuelles afin d’éviter la récidive et prévenir les potentielles victimes de la dangerosité de certains profils.
Cela doit toutes nous mobiliser, avec une politique volontariste dotée de moyens substantiels et qui mobilise les institutions et la société civile de manière massive et persistante.
Il n’y a qu’à ce prix que nous pourrons avancer vers une solution efficiente et durable pour le bien-être et la sécurité de toutes les femmes. (...)
Une proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, comprenant 79 articles, avait été déposée fin 2025 et cosignée par une centaine de députés de gauche et de la coalition gouvernementale mais elle n’a jamais été examinée. Le texte a toutefois reçu lundi le soutien de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a appelé le gouvernement à l’inscrire à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée, en juillet ou en septembre. (...)