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le Parisien
Sebastian Roché, un sociologue indésirable à l’école des commissaires
Article mis en ligne le 28 août 2019

Quatre paragraphes et une formule de politesse ont scellé son sort. Un courrier, daté du 20 août, attendait lundi Sebastian Roché dans sa boîte aux lettres. À la lecture, le sociologue apprend que son contrat d’enseignement à l’École nationale supérieure de la police (l’école des commissaires) à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône) ne sera pas reconduit : « pour l’année universitaire 2019-2020, le cours […] ayant trait à l’analyse de la sécurité est confié à un autre intervenant ».

Spécialiste des rapports entre police et population, Roché était jusqu’à cette année en charge d’une quinzaine d’heures dans le cadre d’un Master 2 de droit privé, délivré par l’université Lyon III Jean-Moulin. La fin de sa collaboration est mise sur le compte d’une « refonte » des « contenus pédagogiques », « eu égard aux axes stratégiques de la police nationale ». Sebastian Roché intervenait devant les futurs commissaires depuis 1993.

Pendant la crise des Gilets jaunes, il s’est largement exprimé dans les médias pour mettre en garde contre la stratégie des forces de l’ordre qui, selon lui, occasionnait nombre de blessés. S’il reconnaît un savoir-faire, le chercheur sait se montrer critique. « Le ministère de l’Intérieur a été incapable de mettre en place une politique raisonnée de maintien de l’ordre », déclarait-il dans nos colonnes le 1er juin dernier. Des sorties médiatiques qui ont irrité le Syndicat des commissaires de la police nationale (majoritaire) avec lequel un bras de fer s’est engagé à travers les réseaux sociaux.
La police conteste toute sanction

La décision de ne pas renouveler les heures de cours de Sebastian Roché relève-t-elle d’une sanction déguisée après ses prises de parole ? L’intéressé n’a aucun doute. « Dans les moments de tension, le ministère de l’Intérieur se crispe. Il a tendance à confondre ce qui relève du débat public et du sabotage de la police », analyse-t-il. Son remplaçant n’est toujours pas nommé. Quant à l’enseignant qui assurait les cours avec lui, il est maintenu. (...)