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Quel sort pour les Sahraouis qui demandent l’asile à Bordeaux ?
Article mis en ligne le 25 juin 2014

C’est une situation particulière. A deux pas de la gare et du nouveau quartier qui se construit, une cinquantaine de Sahraouis vit dans des wagons abandonnés, rongés par la rouille, au milieu des herbes folles. Il n’y a que des hommes. Ils ont fui les camps de leur pays et sont arrivés un par un, par bateau et bus pour demander l’asile à la France. La situation de leur pays est complexe. Depuis quarante ans, le Sahara occidental est le théâtre d’un conflit entre le Maroc, convaincu de sa souveraineté, et de l’Algérie qui a apporté son soutien au Front Polisario, constitué d’indépendantistes.

Qu’est-ce qui a pu pousser ces Saharouis à fuir leur pays et quitter leurs femmes et enfants ? "Chez nous, il n’y a aucun espoir. On vit dans des camps de réfugiés. On n’a pas de travail et on n’a même pas accès à l’eau potable", raconte Chejamed. Depuis le retrait des colons espagnols, en 1975, le Maroc a conquis la majeure partie de ce territoire, alors que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie en réclame l’indépendance. Les violations des droits de l’homme sont nombreuses. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) vient d’ailleurs de condamner les multiples violations des droits de l’homme commises par le Maroc contre les populations sahraouies. La résolution exhorte les parties au conflit (le Front Polisario et le Maroc) à poursuivre les négociations en vue de parvenir à une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable, permettant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. La situation est enlisée et c’est précisément ce que dénonce un documentaire sorti le 30 avril en France : "Enfants des Nuages", produit par l’acteur espagnol Javier Bardem, qui a pris fait et cause pour les Sahraouis. Un film, qui a provoqué une certaine tension entre Paris et Rabat... C’est dire si le sujet est sensible.

La communauté internationale appelée à agir pour améliorer le sort des Sahraouis
En France, ces Sahraouis espèrent obtenir le droit d’asile. Mais, ils attendent désespérement une réponse de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) depuis plusieurs mois et doivent vivre avec seulement 300 euros par mois, qui correspondent à l’allocation temporaire d’attente délivrée par l’Etat. Problème, celle-ci risque d’être négative (...)