Un cours « hautement interactif » portant sur « l’ascension personnelle et politique » du président de la République en poste, un « phénomène intrigant » et « insuffisamment exploré » : repéré sur Twitter, l’intitulé d’un séminaire proposé par Sciences Po à ses étudiants, sobrement baptisé « Macron », suscite la curiosité ce vendredi 30 août.
Dispensé en anglais, ce cours de douze fois deux heures propose d’aborder la vie d’Emmanuel Macron sous toutes les coutures, de ses jeunes années de formation à sa conquête du pouvoir, en passant par une analyse de son développement personnel et professionnel. Le séminaire se propose également de « jauger les défis politiques auquel il fait face, et d’estimer la probabilité du succès de son mandat présidentiel et de sa réélection. »
Parmi les lectures obligatoires servant à plonger dans la psyché macronienne, figurent son livre-programme pour la présidentielle, « Révolution » (XO, 2016), mais aussi « Macron par Macron » (L’Aube, 2017), un livre d’entretiens réalisé avec le journaliste Eric Fottorino, ainsi qu’une compilation de discours et « Macron, un président philosophe » (L’Observatoire, 2017) de l’éditorialiste de France Culture Brice Couturier. (...)
Plusieurs élus de l’opposition ont commenté sarcastiquement l’existence de ce cours, notamment mentionné par « le Point ». « La Chine célèbre la pensée de Xi Jinping, Sciences Po la vie et l’oeuvre de Macron. L’esprit courtisan conduit à l’autoritarisme et à la fin de la liberté de pensée », commente ainsi le député La France insoumise Bastien Lachaud sur Twitter. (...)
Contactée par « l’Obs », la direction de Sciences Po souligne que ce cours en option n’est pas une nouveauté puisqu’il a déjà été dispensé « entre janvier et avril 2019 ». Il est destiné aux étudiants du campus de Reims, où la moitié des étudiants sont de nationalité étrangère et où la majorité des cours sont proposés en langue anglaise. Sa présence au programme 2020 dépendra de l’intérêt manifesté par les étudiants.
L’an dernier, le séminaire avait été assuré par Nicholas Dungan, chercheur américain associé à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et spécialiste des relations transatlantiques.