Comme le règlement le veut, c’est le doyen d’âge qui a présidé la première séance de l’Assemblée nouvellement élue : il s’agit de José Gonzalez, 79 ans, élu RN des Bouches-du-Rhône. Après une rapide allocution, ce dernier a déclenché une polémique en évoquant l’Algérie française, sa terre natale à laquelle il a été "arraché" en 1962, à l’indépendance. "J’ai laissé là-bas une partie de ma France", dit ce pied noir né à Oran.
"Il a fait un très beau discours" inaugural à l’Assemblée nationale et "il a tenu sa position de doyen avec beaucoup de dignité", a-t-elle assuré, en répondant aux questions de Marc Fauvelle et Neïla Latrous lors du 8h30 franceinfo. Après ce discours, le député RN José Gonzalez, 79 ans, a expliqué devant des journalistes que ce n’était pas à lui de juger si l’OAS a "commis des crimes ou pas." (...)
Elle a raison. Son père, lui-même ancien tortionnaire à Alger, a fondé le FN pour poursuivre en France la guerre coloniale raciste, avec les anciens de l'OAS. Et c'est la matrice de la ligne politique actuelle du RN et de Z* à l'égard de tous les non-blancs. https://t.co/JG6HOizIzA
— Fabrice Riceputi (@campvolant) June 29, 2022
Lire aussi :
Assemblée nationale : des députés dénoncent un "négationnisme historique" après les déclarations du député RN José Gonzalez sur l’Algérie française
(...) Avant d’aller plus loin devant la presse. Lorsqu’on lui demande si l’armée française a commis des crimes en Algérie, il répond : "Crimes de l’armée française, je ne pense pas, crimes contre l’humanité encore moins. Si je vous emmène avec moi en Algérie, dans le Djebel, beaucoup d’Algériens qui n’ont jamais connu la France disent ’quand est-ce que vous revenez ?’". Avant de conclure "ne pas savoir ou presque pas ce qu’est l’OAS", l’Organisation de l’armée secrète, bras armé des défenseurs de l’Algérie française, responsables de plus de 2200 morts en Algérie et de 70 morts en France.
Un discours choquant pour de nombreux députés de gauche, à commencer par Alexis Corbière de la France Insoumise. "Dire ’je ne sais pas s’il faut juger les crimes, réels ou non de l’OAS’, ça s’appelle du négationnisme historique. L’Assemblée nationale, aujourd’hui, était présidée par un homme qui fait du négationnisme historique sur un moment difficile de l’histoire de France", a ainsi dénoncé l’Insoumis, rejoint par Sébastien Jumel du Parti communiste. "C’est inévitablement le premier stigmate d’une lecture de l’Histoire différente de nous autres." Les députés de la Nupes y voient là, la fin de la "dédiabolisation" du Rassemblement National.
La rengaine du colonialisme, la même depuis 1962.
Avec la petite musique négationniste sur les crimes monstrueux de l'OAS, parfaitement documentés depuis 60 ans. Il est vraiment parfait, notre Faurisson colonial président de l'Assemblée Nationale d'un jour. Quelle honte ! https://t.co/VvegCh7qWu— Fabrice Riceputi (@campvolant) June 28, 2022