Je m’appelle Grażyna Durkalec, j’ai 54 ans et je suis ingénieur diplômée en gestion et organisation de la production de l’École Polytechnique de Poznan en 1984.
Je représente ici 756 familles qui ont été victimes de la privatisation corrompue des logements entreprises dans notre ville.
Les expulsions de ces familles étaient illégales. Ces personnes payaient leur loyer. Leurs logements étaient la propriété d’anciennes entreprises publiques. Les entreprises ont été fermées ou privatisées et les logements ont été données illégalement à une entreprise fictive, WTBS. Des dettes fictives leur ont été attribuées – par exemple de fausses factures pour l’eau, l’électricité ou des travaux. Par la suite ces personnes, âgées ou handicapées, ont été brutalement expulsées de chez elles par la police et les huissiers et des familles entières terrorisées. De plus, les instances chargées de la justice criminalisaient et terrorisaient les locataires en leur faisant croire que la loi était respectée ou que « c’était pour leur bien ». (...)
Comment en sommes-nous arrivés là, à une situation ou des centaines de familles qui payent régulièrement leur loyer sont expulsées de leur logement ?
La raison en est la corruption et la privatisation du bien public qui, dans notre ville, est devenue une spoliation massive des citoyens après la transformation de 1989.
Avant 1989 il y avait à Wałbrzych plus de 100 entreprises : des mines de charbon, des aciéries, des entreprises de métallurgie, de production de matériaux de construction, mais aussi des écoles, des centres culturels, des stades, des piscines etc. Les terrains avaient appartenu à des Allemands avant la guerre. Fréquemment il n’y avait aucun cadastre pour ces biens.
Notre groupe de citoyens a mené une longue enquête citoyenne en analysant des centaines de documents juridiques se rapportant à ces biens. Pour mener à bien cette enquête nous avons même suivis une formation diplômante de détective afin de traiter toute l’information qui nous a permis de mettre à jour un vaste réseau de corruption. Nous avons fait cette enquête nous-mêmes parce que depuis 1999 la police ne réagissait pas à nos plaintes. (...)