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Libération
« Outrage et rébellion », outil de protection dans les affaires de violences policières ?
Article mis en ligne le 7 juillet 2021

En décembre, Debora A. aurait perdu l’enfant qu’elle attendait suite à une interpellation policière violente. Alors que six mois plus tard l’enquête n’en est qu’à ses débuts, la jeune femme comparait ce mardi pour des faits d’outrage et rébellion.

« Sincèrement, est-ce que j’ai l’air menaçante ? » Au premier coup d’œil effectivement, cet adjectif ne vient pas en tête en regardant Débora A. La douceur enfantine, toute menue, la parole rare, elle est interloquée d’être passée pour tel aux yeux des policiers en décembre, suite à un contrôle pour non port du masque dans le centre commercial Arc-en-Ciel de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Alors qu’elle avait précisé être enceinte de quatre mois et demi, elle avait été interpellée et violemment projetée au mur. Quelques jours plus tard, elle perdait son bébé. Elle avait porté plainte pour des faits de « violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ».

Comme souvent lors d’interpellations violentes et de manière paradoxale, elle va d’abord comparaître ce mardi pour des faits de « rébellion et d’outrage ». Alors même que l’enquête la consacrant peut-être victime en est à ses prémices. (...)

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Une habitante de Garges-Lès-Gonesse (Val-d’Oise) a porté plainte la semaine dernière contre une policière qu’elle estime responsable de la perte de son bébé alors qu’elle était enceinte de quatre mois et demi. Un mois après les faits, Déborah a du mal à s’exprimer. Le 10 décembre dernier, la jeune femme de 23 ans est avec sa cousine dans un centre commercial de Garges-Lès-Gonesse. Des policiers en patrouille leur demandent de mettre leur masque, ce qu’elles font, avant que l’une des deux fonctionnaires ne décide de les verbaliser. Mais quelques instants plus tard, cette même policière tente de les interpeller pour outrage. C’est là que la situation dégénère selon Déborah, qui voit sa cousine plaquée au sol. Elle même raconte être poussée contre un mur : "Pendant qu’elle me poussait contre le mur je lui disais ’Je suis enceinte, je suis enceinte’", affirme-t-elle. Ce qui n’a eu aucun effet, selon elle. C’est une autre policière qui est intervenue pour les séparer. (...)