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"On joue tellement gros dans les 18 prochains mois" : le dérèglement climatique proche du point de non retour
Article mis en ligne le 29 juillet 2019

Selon plusieurs scientifiques, les prochains mois s’annoncent déterminants dans la diplomatie climatique afin de convaincre les Etats à s’engager réellement dans la lutte contre le changement climatique.

Il y a urgence. La succession de vagues de chaleur caniculaire et d’inondations qui frappent l’Europe et d’autres continents cet été ne sont sans doute qu’une préfiguration de ce que sera le monde de demain si les hommes persistent à ne pas relever le défi du changement climatique, alertent les scientifiques.

Ces évènements dramatiques agissent comme une piqûre de rappel alors que les négociations sur les moyens de mettre en œuvre les engagements pris en 2015 par les Etats signataires de l’Accord de Paris sur le climat entrent dans une phase décisive. "On joue tellement gros dans les 18 prochains mois", estime Sue Reid, vice-présidente de l’ONG américaine Ceres, qui incite les entreprises et les investisseurs à adopter des pratiques durables.

Même les objectifs de la COP21 semblent insuffisants (...)

En octobre dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a prévenu que les émissions de Co2 devraient commencer à baisser dès l’année prochaine pour qu’il y ait une chance d’atteindre cet objectif. Alors que selon la trajectoire actuelle, la hausse de la température pourrait dépasser 3°C d’ici la fin du siècle, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, s’efforce de convaincre les Etats de renforcer leurs engagements avant la session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. Soulignant qu’il serait "suicidaire" de ne rien faire, le diplomate portugais espère provoquer un sursaut en vue de la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP25) en novembre au Chili.

"La belle vie d’avant n’est plus viable" (...)

Pour le climatologue américain Michael Mann, cela implique que les gouvernements accordent à la transition énergétique la même priorité que la mobilisation de l’industrie pendant la Seconde Guerre mondiale. L’affaire semble mal engagée avec un président Donald Trump déterminé à désengager les Etats-Unis de l’Accord de Paris, et une Union européenne incapable de s’entendre sur l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Face à l’inaction des Etats, certains préfèrent se préparer à l’effondrement du monde actuel. "Soit nous transformons radicalement notre mode de vie collectif en renonçant aux énergies fossiles, soit, et c’est plus probable, le changement climatique précipitera la fin de la civilisation capitaliste mondiale alimentée par les énergies fossiles", écrivait l’auteur américain Roy Scranton dans une tribune publiée en avril dans la MIT Technology Review. "Révolution ou effondrement. Dans les deux cas, la belle vie d’avant n’est plus viable."