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Né et enterré dans un camp de réfugiés, la tragique histoire de Baxtyar Anwar
Article mis en ligne le 20 décembre 2021

Un migrant kurde de 25 ans est mort peu de temps après avoir réussi à atteindre l’Allemagne. Baxtyar Anwar avait traversé la Biélorussie et la Pologne. Son corps vient d’être rapatrié au Kurdistan irakien pour y être enterré

Baxtyar Anwar est né dans un camp de réfugiés en Irak. Et c’est dans un camp de réfugiés, à Barika, dans le Kurdistan irakien, que le jeune homme de 25 ans a été enterré dimanche 12 décembre.

Kawa Anwar Mahmood Al-Jaf, connu sous le nom de Baxtyar Anwar, est mort il y a près de trois semaines dans l’est de l’Allemagne. Il avait traversé le fleuve de l’Oder depuis la Pologne avant de se retrouver avec un groupe de migrants dans une forêt près de Guben, dans le sud de la région allemande du Brandebourg.

Dans la matinée du 23 novembre, un membre du groupe a lancé un appel à l’aide. À son arrivée, la police allemande dit avoir retrouvé un groupe de sept personnes, dont le corps inanimé de Baxtyar Anwar.
Voyage fatal

Des membres de sa famille, qui vivent dans le camp de réfugiés de Sulaymaniyah, au nord de l’Irak, ont appris la nouvelle par des photos circulant sur les réseaux sociaux. On y voit le corps de Baxtyar Anwar, allongé sur le dos. Il s’était lancé sur la dangereuse route vers l’Europe un mois plus tôt, fin octobre, en passant par la Biélorussie, puis la Pologne, afin d’atteindre l’Allemagne.

C’était la deuxième tentative du jeune Kurde. La première fois, en septembre, Baxtyar Anwar avait été interpellé et renvoyé chez lui par avion. Pour sa seconde tentative, il aurait payé près de 7 000 euros à un passeur.

À mi-chemin, le 13 novembre, Baxtyar Anwar avait envoyé une vidéo depuis Minsk à Ranj Pzhdary, un journaliste et militant kurde. Les images montrent des migrants rassemblés dans le centre de la capitale biélorusse. Dans la vidéo, Baxtyar Anwar explique qu’il fait partie d’un groupe ayant l’intention de se diriger vers la frontière polonaise. À ce moment là, le jeune homme semble confiant et en bonne santé. (...)

Lors d’un deuxième échange avec le journaliste, Baxtyar Anwar affirme que les autorités polonaises ont tenté de le faire rebrousser chemin, mais que malgré "une douleur au cœur et au niveau des yeux", il était déterminé à continuer à essayer de rejoindre l’Allemagne.

Ensuite, le journaliste dit ne plus avoir eu de contact avec Baxtyar Anwar.
Une vie passé dans la pauvreté

Le jeune Kurde aura été réfugié toute sa vie et cherchait à fuir la pauvreté qui règne dans le camp de Barika. Selon Musa, son cousin, Baxtyar voulait à tout prix faire des études en informatique. C’était son "rêve ultime", explique-t-il dans une interview à la chaîne d’information kurde Rudaw. (...)

La mort aux portes de l’Europe

Plusieurs centaines de Kurdes irakiens sont allés en Biélorussie ces derniers mois. Plus d’une dizaine de migrants, dont des Irakiens, sont morts depuis le mois d’août aux frontières entre la Biélorussie et l’Union européenne.

Baxtyar Anwar avait toutefois réussi à passer cet obstacle sur sa route vers l’Europe, avant d’être retrouvé mort à la frontière germano-polonaise.

En octobre, le corps sans vie d’un autre Irakien avait été découvert dans une camionnette qui venait de franchir la frontière entre la Pologne et la région allemande de la Saxe. Une trentaine de migrants se trouvaient à bord du véhicule. (...)

Les raisons de la mort de Baxtyar Anwar n’ont pas encore été déterminées. Selon la justice allemande, l’autopsie n’a pas permis de connaître la cause du décès. Des examens plus approfondis doivent encore être menés, a expliqué un porte parole du procureur général de Francfort-sur-l’Oder.

Les six autres migrants présents lors de l’arrivée de la police sont actuellement recherchés. Ils ont été appelés à se présenter comme témoins, d’après le procureur.

En Irak, dans le camp de Barika, la mort de Baxtyar Anwar a provoqué une immense tristesse, notamment auprès des jeunes. (...)