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Malte, ou le refus assumé de porter secours aux migrants en détresse en Méditerranée
Article mis en ligne le 21 mai 2022

À cause du Covid, "Malte ne peut plus garantir le sauvetage des migrants"

C’est en avril 2020 que Malte ferme ses frontières aux personnes arrivant illégalement par voie maritime – et ce, même si ces derniers réclament une protection internationale. Cette année-là, La Valette argue des restrictions liées à la pandémie mondiale.

"Le gouvernement a publié une déclaration indiquant qu’à la lumière du COVID-19 et des problèmes logistiques et structurels des services de santé associés à la pandémie, Malte ne pouvait plus ‘garantir le sauvetage des migrants interdits’ à bord de n’importe quel bateau ou autres navires, ni assurer la disponibilité d’un ‘endroit sûr’ sur le territoire maltais pour toute personne secourue en mer", écrit l’ECRE dans son rapport.

À cause du Covid, "Malte ne peut plus garantir le sauvetage des migrants"

C’est en avril 2020 que Malte ferme ses frontières aux personnes arrivant illégalement par voie maritime – et ce, même si ces derniers réclament une protection internationale. Cette année-là, La Valette argue des restrictions liées à la pandémie mondiale.

"Le gouvernement a publié une déclaration indiquant qu’à la lumière du COVID-19 et des problèmes logistiques et structurels des services de santé associés à la pandémie, Malte ne pouvait plus ‘garantir le sauvetage des migrants interdits’ à bord de n’importe quel bateau ou autres navires, ni assurer la disponibilité d’un ‘endroit sûr’ sur le territoire maltais pour toute personne secourue en mer", écrit l’ECRE dans son rapport. (...)

En avril 2020, par exemple, des personnes qui se trouvaient à bord d’une embarcation de fortune dans la SAR zone maltaise ont été interceptées par un navire marchand, le Dar As Salam 1, qui les a ensuite remis aux garde-côtes libyens. Tous ont été ramenés au port de Tripoli. À cette époque, le New York Times avait révélé que les autorités maltaises affrétaient une flotte de navires privés, dont le Dar As Salam 1, afin d’empêcher les migrants d’atteindre l’île et de les renvoyer en Libye. (...)

Un comportement qui désespère toutes les associations de secours en mer. (...)

en mai 2021, l’ONU, dans un rapport critique, avait non seulement confirmé l’existence de nombreux refoulements orchestrés par La Valette mais aussi pointé du doigt l’incapacité du pays à fournir une assistance rapide aux migrants en détresse en Méditerranée centrale. L’ONU avait appelé le pays à respecter ses obligations maritimes. Une requête restée à ce jour lettre morte.

La Méditerranée centrale reste une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Depuis le début de l’année, au moins 572 migrants y ont péri en tentant de rejoindre l’Europe sur des embarcations de fortune, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Et au total depuis 2014, ce sont près de 24 000 personnes qui sont mortes ou ont disparues en mer.