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le Monde
Le ministère de l’intérieur passif face au mouvement de colère des policiers qui s’amplifie
Article mis en ligne le 27 juin 2020

Des manifestations sauvages se déroulent chaque jour, et notamment, vendredi, devant le Bataclan à Paris. Les autorités craignent désormais un désengagement des troupes. (...)

Les policiers considèrent que le discours du locataire de Beauvau marque une rupture avec la doxa gouvernementale de soutien absolu aux forces de l’ordre, qui prévalait jusque-là et qui se résumait par cette formule répétée à l’envi durant tout le mouvement des « gilets jaunes » : « Les violences policières n’existent pas ». (...)

Depuis près de trois semaines, la même scène se répète tous les soirs, un peu partout en France : des dizaines de policiers se rassemblent, allument les gyrophares et protestent quelques minutes contre le « lâchage » par le pouvoir dont ils estiment faire l’objet.

Vendredi 26 juin, c’est devant le Bataclan, à Paris, que se sont agglutinés les véhicules sérigraphiés. Dans l’anonymat de la nuit, le propos tranche avec le devoir de réserve habituel. « [Christophe] Castaner nous a planté un couteau dans le dos, pour nous ce n’est plus notre ministre », confiait un membre d’une brigade anticriminalité (BAC), croisé place de la République à Paris, lors de l’une de ces manifestations sauvages.
En cause, la communication maladroite du ministre de l’intérieur qui avait annoncé, lors d’une conférence de presse organisée le 8 juin, la suppression de la clé d’étranglement et la suspension automatique des agents contre lesquels il y aurait un « soupçon avéré » de racisme. Au-delà du concept douteux sur le plan juridique, dont Christophe Castaner avait regretté l’emploi, le malaise est plus profond.
(...)

Le syndicat Alliance police nationale, l’une des principales organisations de gardiens de la paix, demande à être reçu par Emmanuel Macron. (...)

Loin de se dégonfler, le mouvement de colère des forces de l’ordre semble en effet s’être amplifié ces derniers jours, avec des actions symboliques. (...)

Mercredi 24 juin, 200 fonctionnaires ont ainsi déposé leurs matraques au sol à Strasbourg afin de protester contre la condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis de l’un des leurs, pour avoir matraqué une « gilet jaune » de 62 ans. Une mise en cause directe d’une décision judiciaire....(...)