C’est une tradition qui, depuis 1889, est respectée aux États-Unis : un président sortant sursoit aux exécutions en attendant que son successeur prête serment. C’était sans compter Donald Trump qui, aussi "lame duck" soit-il, a décidé de bafouer les règles. Orlando Hall, un condamné, a en effet été exécuté jeudi sur ordre de son administration.
Orlando Hall a été exécuté d’une injection de pentobarbital dans une prison de l’État de l’Indiana, a annoncé le département de la Justice. Cet Afro-Américain de 49 ans a été condamné en 1995 à la peine de mort pour avoir participé à l’enlèvement, au viol et au meurtre d’une adolescente de 16 ans, Lisa Rene, qu’il avait battue et enterrée vivante, avec des complices, dans le cadre d’un règlement de comptes.
Sept exécutions fédérales depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années
Un crime odieux a considéré la Cour suprême, saisie d’un ultime recours. Ce dernier a été balayé par les six juges conservateurs qui composent cette instance, dont la nouvelle juge Amy Coney Barnett, catapultée in extremis en octobre par Donald Trump. Les trois juges démocrates, eux, rongent leur frein. Et ne peuvent que se désoler de voir l’administration profiter de ses dernières semaines au pouvoir pour bousculer l’ordre établi.
Le département de la Justice a en effet prévu deux autres exécutions dans l’intervalle entre l’élection présidentielle et la prestation de serment en janvier. L’exécution de Lisa Montgomery, qui serait la première femme exécutée par le gouvernement fédéral en 70 ans, prévue initialement le 8 décembre a été reportée au 31 décembre car ses avocats ont contracté le Covid-19. Les États-Unis prévoient aussi d’exécuter Brandon Bernard le 10 décembre.
Trois exécutions ordonnées avant une passation de pouvoir : les États-Unis n’avaient jamais connu cela. D’autant plus qu’elles viennent s’ajouter à une liste déjà longue en la matière : alors que les États américains ont quasiment tous renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie, le gouvernement de Donald Trump a au contraire procédé à un nombre inégalé d’exécutions. À savoir huit depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années (...)