Les autorités italiennes auraient privé des migrants de leur droit à demander l’asile. Plus largement, des ONG rapportent régulièrement des cas de refoulements, parfois violents, dans la région des Balkans. (...)
De nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme affirment que les migrants illégalement refoulés de l’Italie vers la Slovénie – un pays membre de l’Union européenne (UE) – courent le risque d’être ensuite repoussés vers la Croatie et jusqu’en Bosnie-Herzégovine, qui n’est pas membre de l’UE.
Dans certains cas, ces pratiques interdites par le droit international sont accompagnées d’abus et de violence. De plus, de potentiels demandeurs d’asile se voient privés de leur droit de demander une protection internationale en Italie. Ces méthodes sont également prohibées par le droit européen.
(...) selon Gianfranco Schiavone, un expert juridique de l’ASGI, une ONG italienne spécialisée dans l’assistance juridique aux migrants, des personnes "disparaissent en Italie et réapparaissent deux jours plus tard en Bosnie". Il explique également dans The New humanitarian que ces pratiques de renvoi semblent être menées de façon informelle et sans distinction entre les nationalités. "Ils ont refoulé des Afghans, des Syriens, des personnes venant d’Irak, dont des gens qui ont clairement besoin d’une protection", raconte Gianfranco Schiavone.
D’autres ONG soulignent que ces renvois ont été menés dans une telle hâte qu’il aurait été impossible pour les autorités de garantir une procédure juste et de réellement pouvoir évaluer la légitimité d’une demande d’asile.
Le gouverneur de la province de Frioul-Vénétie julienne qui borde la Slovénie a affirmé que 1 321 personnes ont été reconduites en Slovénie cette année, malgré les mesures de confinement très strictes imposées pendant la première vague de la pandémie de coronavirus au printemps. En 2019, le nombre de renvois officiels était de seulement 250
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Des frontières fortifiées
Depuis des années les Balkans sont devenus un important goulot d’étranglement de la route migratoire vers l’Europe, notamment depuis que plusieurs pays membres de l’UE comme la Hongrie et la Croatie ont fortifié leurs frontières extérieures, conduisant de nombreux migrants à rester bloqués pendant des mois, voire même des années, en Bosnie.
Pendant ce temps, comme d’autres pays européens, l’Italie a envoyé l’armée à ses frontières afin de gérer le flux d’arrivées de migrants
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Trois semaine dans la montagne
Les informations sur ces refoulement illégaux interviennent alors que d’autres pays de l’UE sont accusés de repousser des migrants par la force. La Grèce et la Turquie se rejettent les accusations autour d’incidents en mer Egée. La Commission européenne a elle-même exprimé son inquiétude.
Cela conduit de nombreux migrants à se retrouver régulièrement renvoyés à leur point de départ, à savoir la Turquie ou la Bosnie. Dans le même temps, le gouvernement bosniaque se dit dépassé par la situation.
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Ceux qui se trouvent en Bosnie tentent alors de rejoindre la Croatie, où la police croate est accusée de pratiques violentes.
Ainsi, la ville bosniaque de Bihac est un carrefour important ou des migrants attendent l’opportunité de poursuivre leur route vers l’Ouest. A en croire The New Humanitarian, les personnes qui parviennent à traverser la frontière illégalement passent ensuite jusqu’à trois semaines dans les montagnes en Croatie et en Slovénie afin de rejoindre l’Italie, malgré les risques de faim et de déshydratation.