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Guyane : 200 migrants sommés de quitter leur campement insalubre sous 15 jours
Article mis en ligne le 2 février 2021

La préfecture a donné deux semaines aux quelque 200 migrants, dont une trentaine d’enfants, pour quitter la plage de la pointe Buzaré à Cayenne où certains vivent dans l’extrême précarité depuis des mois. Pour la plupart déboutés ou demandeurs d’asile, ils affirment ne pas savoir où aller alors que la Guyane, région française, est de plus en plus débordée par l’afflux de migrants ces deux dernières années.

La préfecture, selon la 1ère, indique que le relogement des demandeurs d’asile est actuellement "en cours d’instruction au cas par cas". Des propos qui "n’apportent pas de précisions nécessaires concernant un éventuel dispositif d’hébergement qui permettrait la mise à l’abri de ces personnes et donc une évacuation sereine", souligne la délégation locale de l’ONG Médecins du Monde, contactée par InfoMigrants (...)

Les deux associations qui dénombrent pour leur part 400 sans abri au campement de la pointe Buzaré "se féliciteraient qu’un dispositif d’hébergement puisse être finalement activé pour ces exilés, mais à terme, ce fonctionnement d’urgence n’est pas viable", estiment-elles. Et d’ajouter "Il est inconséquent que l’État mène une telle politique d’accueil des demandeurs d’asile, d’une gestion de crise à une autre, en attendant d’être au bord d’une catastrophe sanitaire pour réagir."

Seulement 11% des demandeurs d’asile hébergés (...)

En outre, rien n’est prévu pour les déboutés ayant épuisé les différents recours. (...)

Une porte sur l’Europe et la France

Sur le terrain, les associations, dépassées, parent au plus urgent en distribuant de la nourriture plusieurs fois par semaine sur le campement mais aussi dans le reste de la région où la faim dans les bidonvilles se fait de plus en plus alarmante ces derniers mois. Une enquête menée l’été dernier par la Croix-Rouge, Médecins du monde, le centre hospitalier de Cayenne et l’Agence régionale de santé (ARS) révèle notamment que 93% des adultes et 80,3% des enfants avaient pris moins de trois repas la veille de l’enquête et que 45% des adultes et 32% des enfants n’avaient eu qu’un seul repas la journée précédente.

"Le camp de la pointe Buzaré n’est que la partie émergée de l’iceberg : pour les quelques personnes visibles sur cet espace public emblématique, nombreux sont ceux qui tentent de survivre dans les bidonvilles guyanais", confirment Médecins du Monde et la Cimade qui réclament "dans l’immédiat", l’hébergement de l’ensemble des demandeurs d’asile vivant à la rue. À moyen terme, les deux ONG demandent "une gestion transparente et planifiée des conditions matérielles d’accueil" en intégrant davantage les Outre-Mer dans le débat national ainsi que l’augmentation du nombre de places d’hébergement et l’ouverture d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA).