Lancée dans la quête d’un insensé triplé 1500 m - 5000 m - 10.000 m, la Néerlandaise Sifan Hassan a réussi lundi la première étape de son incroyable pari en étant sacrée championne olympique du 5000 m. Portrait de cette ancienne réfugiée originaire d’Éthiopie, arrivée sans-papiers aux Pays-Bas.
La Néerlandaise Sifan Hassan pourrait être la star des Jeux olympiques de Tokyo. À 28 ans, elle vise le triplé olympique 1500 m, 5000 m et 10 000 m. Elle a déjà décroché sa première médaille d’or, lundi 2 août, en devançant avec aisance en finale du 5000 m la Kényane Hellen Obiri et l’Ethiopienne Gudaf Tsegay pour succéder au palmarès à la Kényane Vivian Cheruiyot, victorieuse à Rio en 2016.
Ce feuilleton Hassan n’a pas fini de tenir en haleine durant ces JO tant l’entreprise paraît folle et improbable. Mais rien ne semble pouvoir arrêter pour le moment la coureuse. (...)
"Le sport a changé beaucoup de choses dans ma vie"
Sifan Hassan est née à Adama en Éthiopie. À 15 ans, elle arrive aux Pays-Bas sans papiers. Comme le raconte le site Sport News Africa, c’est sous le statut de réfugiés qu’elle participe à ses premières compétitions de cross. "Tous les jours à l’école en Éthiopie il y avait un créneau dédié au sport, je n’étais jamais fatiguée, je faisais du volley", avait-elle raconté selon l’AFP. "Au Pays-Bas, ensuite, un professeur m’a proposé de courir, je suis allée à son club, j’ai fait un 1 500 m en 4 min 20. Quelques jours plus tard, j’ai couru un semi-marathon en 1h17".
Sa carrière est lancée. La future championne se révèle en 2013 (...)
En 2014 à Zurich, elle décroche sa première médaille d’or européenne en séniors sur 1500 m. (...)
En 2019 enfin, Hassan Sifan atteint son but à Doha. Elle est double championne du monde sur 10 000 m et 1 500 m.
Des suspicions
Mais ce doublé alimente les rumeurs. Même si elle n’a jamais été mêlée à une affaire, il ravive les doutes et les soupçons autour de la coureuse d’origine éthiopienne dont le sulfureux mentor, l’entraîneur américain Alberto Salazar, gourou de l’Oregon Project soutenu par la firme Nike, a été suspendu à vie pour "abus émotionnels et sexuels", une décision du "US Center for SafeSport" (Centre américain pour un sport sûr) dont il peut faire appel. Ses protégés avaient marché sur les Mondiaux de 2019. Le groupe avait ensuite été dissous par Nike.
"Le plus gros moment de pression de ma vie a été à Doha, et j’ai réussi à m’en sortir, donc Tokyo sera facile", avait-elle réagi en référence aux questions portant sur Alberto Salazar lors des championnats du monde de Doha. (...)