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l’Humanité
En Allemagne, quand l’extrême droite infiltre la police
Article mis en ligne le 20 septembre 2020

Un nouveau réseau de policiers ultras a été démasqué dans la région de Düsseldorf. Une affaire qui illustre le degré de banalisation du nationalisme et de la xénophobie outre-Rhin.

Un nouveau scandale retentissant sur l’influence exercée par l’extrême droite au sein de la police allemande vient d’éclater dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Un réseau de 29 policiers a été pris en flagrant délit d’échange sur Internet de symboles néonazis ou de propagande xénophobe. Pour les besoins de l’enquête, lancée pour « incitation à la haine raciale », quelque 34 commissariats et des dizaines d’appartements ont été perquisitionnés. Une procédure disciplinaire a été engagée.

Les faits reprochés sont d’une extrême gravité. Surtout émanant d’officiers et d’agents censés faire respecter la loi. Les enquêteurs ont mis au jour dans des groupes de discussions sur Internet, une centaine de photos d’Adolf Hitler, des croix gammées et des drapeaux du Reich de Bismarck. Un montage photo montre un migrant dans une chambre à gaz.

Des affaires similaires ont eu lieu ces derniers mois (...)

En juillet, dans le Land de Hesse, autour de Francfort, une autre enquête révélait l’implication d’un ex-officier de police dans l’envoi de menaces de mort à des responsables politiques (...)

Fin juin, la Bundeswehr, l’armée fédérale, avait annoncé la dissolution partielle de ses forces spéciales, les KSK, accablées par une série de révélations sur leur proximité avec l’extrême droite.

Ces affaires illustrent le degré de banalisation des nationalistes et de leurs idées nauséeuses dans la société. Leur présence est importante dans les manifestations anti-masques, dont celle qui rassembla encore 10 000 personnes à Munich, le week-end dernier. La tolérance, voire la complicité, manifestée à leur égard par le public très divers de ces rassemblements souligne en fait l’ampleur d’un malaise politique profond, nourri par des années de grande coalition et de régression sociale.