Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
"Cette nuit-là, il ne faisait que trois degrés" : en Pologne, les refoulements des garde-frontières mettent en péril la vie des migrants
Article mis en ligne le 22 septembre 2021

Depuis plusieurs semaines, de nombreux exilés sont bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Coincés entre les garde-frontières des deux pays, qui s’en rejettent la responsabilité, ils tentent de survivre, sans aide humanitaire, au milieu de la forêt.

"Venir ici depuis la Biélorussie, c’est la mort !" Voici le dernier message qu’Aleksandra Chrzanowska, membre de l’ONG polonaise Association for legal intervention, a reçu d’Olga. Depuis samedi 11 septembre, elle n’a "plus aucune nouvelle" de la jeune Congolaise. Tous ses SMS restent sans réponse. Et ses appels tombent directement sur la messagerie. Cela fait presque deux semaines qu’Olga et neuf autres personnes errent ensemble dans la forêt polonaise, à la frontière biélorusse. Tous sont originaires de la République démocratique du Congo (RDC), à l’excepté d’un Camerounais. Trois autres femmes accompagnent Olga, ainsi qu’un mineur de 16 ans.

La première fois qu’Aleksandra Chrzanowska les a rencontrés, c’était près du village polonais de Szymki. Le groupe venait de traverser la frontière. "Certains étaient épuisés, et ils avaient froid. Une personne portait des sandales, une des femmes n’avait qu’une chaussure. Personne n’avait de gants ni de couverture. Cette nuit-là, il ne faisait que trois degrés, raconte-t-elle. L’adolescent n’allait pas bien, il ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait. On pouvait vraiment lire la peur dans ses yeux". D’après la militante, une autre femme, "perdait connaissance et vomissait beaucoup". Les membres de l’association contactent alors les secours, qui viennent la chercher et l’emmène à l’hôpital. (...)

"Venir ici depuis la Biélorussie, c’est la mort !" Voici le dernier message qu’Aleksandra Chrzanowska, membre de l’ONG polonaise Association for legal intervention, a reçu d’Olga. Depuis samedi 11 septembre, elle n’a "plus aucune nouvelle" de la jeune Congolaise. Tous ses SMS restent sans réponse. Et ses appels tombent directement sur la messagerie. Cela fait presque deux semaines qu’Olga et neuf autres personnes errent ensemble dans la forêt polonaise, à la frontière biélorusse. Tous sont originaires de la République démocratique du Congo (RDC), à l’excepté d’un Camerounais. Trois autres femmes accompagnent Olga, ainsi qu’un mineur de 16 ans.

La première fois qu’Aleksandra Chrzanowska les a rencontrés, c’était près du village polonais de Szymki. Le groupe venait de traverser la frontière. "Certains étaient épuisés, et ils avaient froid. Une personne portait des sandales, une des femmes n’avait qu’une chaussure. Personne n’avait de gants ni de couverture. Cette nuit-là, il ne faisait que trois degrés, raconte-t-elle. L’adolescent n’allait pas bien, il ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait. On pouvait vraiment lire la peur dans ses yeux". D’après la militante, une autre femme, "perdait connaissance et vomissait beaucoup". Les membres de l’association contactent alors les secours, qui viennent la chercher et l’emmène à l’hôpital. (...)

Quelques minutes plus tard, ce sont les garde-frontières polonais qui arrivent sur place. Ils embarquent les exilés dans un véhicule, direction un petit bâtiment situé à quelques minutes de là, à Michalowo, pour entamer les procédures de demande d’asile. "Nous avons pris de l’avance et nous y sommes allés avant eux, raconte Aleksandra Chrzanowska. Au bout de deux heures, leur voiture est enfin arrivée. Mais à part quelques gardes, il n’y avait personne à l’intérieur. Et ils n’ont pas voulu nous dire où étaient les migrants". (...)

aucune demande d’asile n’a été instruite (...)

Après cela, les garde-frontières ont emmené le groupe un peu plus au sud, à Nowosady, et l’ont abandonné là. Les migrants, rejoints au matin par la personne qui avait été hospitalisée, ont passé la nuit dans une maison abandonnée à la frontière, coincés entre les autorités polonaises d’un côté, et les biélorusses de l’autre.
Des refoulements illégaux

Une pratique illégale au regard de la Convention de Genève, qui oblige la Pologne à recevoir et traiter les demandes d’asile. Mais depuis le 20 août, les autorités ont modifié la réglementation sur les passages aux frontières, qui change la donne. (...)

Ce n’est même plus un scandale, c’est une violation de l’interdiction de la torture et des traitements inhumains, exigée par la Cour européenne des droits de l’Homme", s’est insurgée l’avocate Eliza Rutynowska au journal polonais Wiadomosci.