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Casablanca, nouvelle impasse pour les migrants désireux de rejoindre l’Europe
#migrants #Maroc
Article mis en ligne le 18 mars 2023
dernière modification le 17 mars 2023

Depuis plusieurs mois, les renvois de migrants subsahariens du nord du Maroc vers l’intérieur du pays se sont considérablement accrus. Des centaines d’exilés se retrouvent bloqués à Casablanca, empêchés de remonter vers Nador ou Tétouan, près des côtes, d’où les embarcations partent pour tenter d’atteindre l’Europe.

Jeudi 16 mars, des dizaines de migrants ont été délogés par les forces de l’ordre de leur campement informel, au mont Gourougou. C’est là, dans cette forêt située au nord du Maroc, près de Nador, que les exilés se cachent en attendant de tenter le passage vers l’Espagne par la terre via l’enclave de Melilla ou en traversant la mer Méditerranée.

Depuis plusieurs mois, les opérations de ce type se multiplient. Les migrants sont interpellés sans ménagement, placés dans des bus et envoyés dans le centre du pays, le plus souvent à Beni Mellal. Le but : les éloigner des côtes pour les empêcher de rejoindre l’Europe. (...)

Depuis Beni Mella, les exilés rebroussent chemin et essayent de remonter vers le nord. Ils rejoignent Casablanca, à environ 200 kilomètres, comme première ville-étape. Et pour beaucoup d’entre eux, la route s’arrête ici. La ville portuaire est devenue une impasse pour des milliers de personnes originaires d’Afrique subsaharienne.
L’accès aux côtes quasi impossible (...)

Résultat : des centaines de personnes se sont installées près de la gare routière d’Ouled Ziane de Casablanca, avec l’espoir de rejoindre, d’une manière ou d’une autre, les côtes méditerranéennes.

Là, ils ont monté un camp où se côtoient des marginalisés, des mendiants, des enfants des rues, des pickpockets... "C’est un lieu malfamé, où même les Marocains évitent d’aller", précise à InfoMigrants Salaheddine Lemaizi, casablancais et rédacteur en chef du site spécialisé sur la migration, Enass. (...)

Ces derniers mois, les exilés, de plus en plus nombreux, se sont déplacés et se retrouvent désormais coincés entre deux voies rapides. Ils dorment au milieu des pots d’échappement, sans accès à des sanitaires ou des douches. La cohabitation devient de plus en plus difficile avec les riverains, lassés par leur présence. (...)

Les migrants doivent aussi composer avec les forces de l’ordre qui démantèlent régulièrement leurs abris de fortune. Lors de ces opérations, souvent violentes, les matelas, vêtements, vaisselles et affaires personnelles sont jetés dans des bennes. Les exilés, démunis, reviennent systématiquement sur les lieux, peu de temps après.

"On ne les blâme pas, ils n’ont nulle part où aller. Le gouvernement devrait ouvrir des centres d’hébergement", estime le chercheur marocain Ali Zoubeidi, joint par InfoMigrants. (...)