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Bruxelles propose d’allonger le délai d’examen des demandes d’asile aux pays voisins de Minsk
Article mis en ligne le 3 décembre 2021

Ces mesures prévoient de passer de 10 jours à quatre semaines la période pendant laquelle un migrant peut déposer l’asile dans un de ces pays. Elles donnent également la possibilité de porter à 16 semaines, contre quatre actuellement, le délai d’examen d’un dossier, appel inclus. Pendant cette période, les demandeurs sont détenus dans des centres à la frontière.

Ces procédures "simplifiées" visent à renvoyer plus facilement les migrants déboutés de leur demande de protection, et à donner de la "flexibilité" aux trois États confrontés à une situation "sans précédent" aux frontières de la Biélorussie, a déclaré la Commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson lors d’une conférence de presse. (...)

Les mesures, qui doivent être validées par les Vingt-Sept avant son application, sont prévues pour une période de six mois. (...)

La Pologne juge la proposition "contre-productive", les ONG dénoncent un "dangereux précédent"

Cette proposition ne convainc pourtant pas la Pologne, qui l’a jugée "contre-productive". Varsovie souhaite la renégocier. "La Commission a adopté une solution exactement opposée à celle que nous proposions. Nous proposions que la réponse à une attaque hybride soit la possibilité de suspendre les procédures d’asile, et non de les étendre", a déploré l’ambassadeur polonais auprès de l’UE, Andrzej Sados.

La décision de la Commission a aussi déclenché les critiques des ONG de défense des droits humains. "La situation aux frontières de l’UE est parfaitement gérable avec les règles actuelles", a estimé la directrice du bureau européen d’Amnesty international, Eve Geddie. Elle s’indigne que l’Union permette à des États membres de "jeter aux orties les règles pour quelques milliers de personnes à sa frontière".

Pour le responsable migration d’Oxfam, Erin McKay, "cette proposition affaiblit les droits fondamentaux des demandeurs d’asile, renforce l’Europe forteresse, et va à l’encontre de tout ce que l’UE devrait défendre". (...)

Catherine Woollard, directrice du Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE), un réseau d’ONG, a regretté un "dangereux précédent", notant aussi que des "États membres ont été autorisés à commettre des violations aux frontières en toute impunité et introduit des législations clairement en conflit avec le droit européen".

Les critiques sont aussi venues des députés européens sociaux-démocrates et écologistes. "La Commission a cédé à la pression de l’extrême droite du gouvernement polonais et au chantage du dictateur bélarusse, et piétiné les valeurs européennes", a fustigé l’élu français Damien Carême (Verts/ALE). (...)