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France Inter
Au Danemark, des enquêtes judiciaires rouvertes à cause de failles dans la géolocalisation des portables
Article mis en ligne le 30 août 2019

Des erreurs de géolocalisation de téléphones portables ont-elles placé des innocents sur des scènes de crime ou au contraire soustrait des criminels à la justice ? C’est le doute qui plane désormais sur 10 700 enquêtes judiciaires instruites depuis 2012 au Danemark. Les autorités prévoient de rouvrir ces affaires.

Deux erreurs principales ont été détectées : la première concerne le système informatique qui transmet les données des opérateurs téléphoniques à la police. Durant la conversion, des informations ont été perdues, ce qui a rendu la géolocalisation moins précise. Dans le second cas, des téléphones ont été connectés aux mauvaises antennes relais. Un appareil a même été détecté à deux endroits à la fois. Des innocents ont donc pu être associés à des scènes de crime par erreur.

"Cette découverte mine la confiance dans le système juridique", a déclaré dans un communiqué le ministre de la justice danois. Lundi, le Parquet a demandé l’arrêt de l’utilisation de telles données dans les affaires criminelles. Pendant deux mois, elles ne pourront plus servir à justifier une arrestation ni à condamner un prévenu. (...)

Les données de géolocalisation étaient pourtant considérées comme des preuves parmi les plus incontestables

(...)

Parmi ces 10 700 affaires, on ne sait pas encore dans quels cas la localisation a joué un rôle crucial dans la décision du juge. C’est un groupe de pilotage créé par le ministère de la justice danois qui sera chargé de rouvrir les enquêtes au cas par cas, en commençant par celles où des suspects sont emprisonnés. La police danoise espère aussi que cette découverte leur permettra de rouvrir des affaires qui ont été classées par manque d’informations probantes.
Des données fournies et opérées par les compagnies téléphoniques

Derrière cette affaire, c’est un problème plus large qui surgit : celui de l’utilisation par la police d’un système qui appartient aux compagnies téléphoniques. Celles-ci se défendent d’ailleurs d’une quelconque responsabilité, arguant qu’elles ont conçu ce système non pas pour les enquêteurs, mais pour les utilisateurs. (...)

Pour l’instant, aucune information n’a filtré sur de possibles erreurs dans d’autres pays. Mais pour l’avocate, c’est certainement un problème international (...)