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Mediapart
Après les législatives, l’Assemblée nationale se renouvelle mais n’est ni paritaire ni populaire
Article mis en ligne le 23 juin 2022
dernière modification le 22 juin 2022

Si les élections législatives ont constitué une sorte de séisme politique, la sociologie du Palais-Bourbon ne ressemble en rien à une révolution. Pire, elle régresse sur la parité entre les femmes et les hommes.

L’Assemblée nationale reste, en 2022, toujours assez éloignée de celles et ceux qu’elle représente. Si la cuvée 2017 avait au moins rassuré sur la parité, certaines mauvaises habitudes reprennent le pas cinq ans plus tard, malgré un hémicycle renouvelé politiquement et inédit dans son équilibre des forces sous la Ve République.

« Sur la parité, c’est un recul, une alerte qu’il faut entendre, estime Mérabha Benchikh, sociologue spécialiste des questions de genre et politique à l’université de Strasbourg. Il ne faut pas banaliser ce qui vient de se passer. » (...)

D’un point de vue socioprofessionnel, l’Assemblée nationale reste encore le lieu privilégié des cadres et professions intellectuelles, malgré la percée notable des classes moyennes, surtout grâce à la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et le Rassemblement national (RN). Revue de détail.
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La part de femmes députées est en recul par rapport à 2017, alors qu’elle ne faisait que progresser depuis les élections de 1988 (...)

Le déséquilibre entre député·es femmes et hommes est moins marqué à gauche qu’ailleurs (...)

Au sein de la majorité présidentielle, le parti Renaissance est plus paritaire que ses partenaires (...) Emmanuel Macron, qui a manœuvré en personne, entouré d’une poignée d’hommes, pour décider des investitures au sein de son parti, rate donc cette fois-ci son coup. (...)

Au sein de la Nupes, Europe Écologie-Les Verts est l’unique formation à compter plus de députées que de députés (...)

Le RN, longtemps tatillon sur les investitures pour éviter les sanctions financières, prend, en multipliant par dix son nombre de député·es, le mauvais pli de l’Assemblée nationale, avec seulement 37,1 % de femmes élues. Mais ce sont Les Républicains (LR) et l’Union des démocrates et indépendants (UDI) qui sont les habituels bons derniers, « comme s’ils avaient en quelque sorte abandonné ce sujet, résistant systématiquement à la parité », souligne Mérabha Benchikh.
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Les CSP + continuent d’être surreprésentées au Palais-Bourbon (...) Traditionnellement, les « CSP + » – c’est par ce sigle qu’on désigne les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées – sont surreprésentées à l’Assemblée nationale, et 2022 ne déroge pas à la règle. (...)

L’Assemblée nationale offre donc une image déformée de la société française. Moins de 1 % d’ouvriers et d’ouvrières dans l’hémicycle, quand ils et elles représentent 16 % de la population active. Les cadres plafonnent eux à 18 % sur le marché de l’emploi mais occupent une large moitié des bancs de Palais-Bourbon. Loin de la « représentation résumée », miniature parfaite du pays, selon le concept de la philosophe américaine Hanna Pitkin.

Des chiffres aussi très bavards sur ce que l’on imagine être la fonction et l’attitude de l’élu·e. (...)

L’Assemblée a une moyenne d’âge de 49 ans, les député·es étant plus jeunes à gauche ou à l’extrême droite (...)