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Anticor avait relancé l’affaire Ferrand : son vice-président est visé par une enquête administrative
Article mis en ligne le 20 septembre 2019
dernière modification le 19 septembre 2019

L’inspection générale de la justice reproche notamment à Éric Alt, également magistrat, d’avoir représenté Anticor dans l’affaire Richard Ferrand.

Le vice-président d’Anticor Éric Alt, également magistrat, est convoqué jeudi 18 septembre par l’inspection générale de la justice pour lui notifier l’ouverture d’une enquête administrative, a appris franceinfo auprès du Syndicat de la magistrature, confirmant une information du journal Le Monde. Il est notamment reproché à Éric Alt d’avoir représenté Anticor dans l’affaire Richard Ferrand.

Le Syndicat de la magistrature soutient Eric Alt

Éric Alt a simplement déclaré à franceinfo que la "citoyenneté ne s’arrêtait pas aux portes du tribunal". De son côté, le Syndicat de la magistrature fait savoir à franceinfo qu’il soutient et assistera Éric Alt dans sa défense.

Katia Dubreuil, présidente du syndicat estime que "l’on cherche des poux dans la tête d’Anticor et dans la tête d’un magistrat dans le cadre de l’affaire Ferrand : c’est une manœuvre éminemment politique". Katia Dubreuil conclut en jugeant que "c’est totalement scandaleux d’aller chercher un magistrat sur le terrain de la liberté d’expression".

"Liberté d’expression"

"On est très étonné de cette attaque. Les magistrats bénéficient de la liberté d’expression et d’association, comme n’importe quel citoyen dans les dossiers qu’ils ne traitent pas", explique pour sa part à franceinfo le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard. "On ne peut pas plus faire que s’étonner de cette polémique, c’est la première fois qu’on a une attaque aussi frontale." (...)

"M. Alt, dans sa vie professionnelle, ne traite pas les dossiers d’Anticor, il exerce des fonctions prud’homales, cela n’a rien à avoir avec les dossiers de lutte contre la corruption, je ne vois pas pourquoi un magistrat prud’homal ne pourrait pas adhérer à Anticor. La question se poserait pour un magistrat qui s’occuperait de dossiers anti-corruption, effectivement, là il vaut mieux ne pas adhérer à Anticor", poursuit Jean-Christophe Picard. (...)

Le président d’Anticor affirme que "ce qu’on lit dans la presse, ce qu’on entend de la bouche d’élus et de responsables politiques, c’est qu’il ne faut pas être juge et parti. Ce qui sous-entendrait que les juges qui traitent des dossiers d’Anticor sont membres de l’association, c’est de l’amalgame grotesque, c’est évident que les juges qui ont traité nos dossiers ne sont pas membres d’Anticor, c’est complètement étanche".