Deux jours après les révélations de Mediapart sur ses notes de frais à l’Assemblée nationale, Coralie Dubost a annoncé son retrait de la vie politique. L’affaire fragilise d’autres piliers de la majorité qui, dans des circonstances similaires, sont eux toujours en poste.
À l’amorce de la campagne des élections législatives, l’affaire était devenue intenable pour la majorité. La députée de l’Hérault Coralie Dubost, numéro 2 du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, a annoncé son « retrait de la vie politique », ce dimanche 1er mai.
Élue pour la première fois en 2017, la députée ne sera pas candidate à sa réélection. La faute aux révélations de Mediapart, deux jours plus tôt, sur les usages inappropriés de son avance de frais de mandat (AFM), une enveloppe mensuelle de 5 373 euros d’argent public que les parlementaires sont tenus d’utiliser pour régler des dépenses liées à l’exercice de leur mandat. Comme nous l’avons raconté, Coralie Dubost a pioché dans cet argent pour des dépenses personnelles. Avant d’être épinglée dans un rapport confidentiel et de rembourser une partie de la somme. (...)
Fondé sur les témoignages d’anciens membres de l’équipe parlementaire de Coralie Dubost, le rapport accuse aussi la députée de leur avoir demandé de réaliser des tâches relatives à sa vie personnelle, sans lien avec les travaux de l’Assemblée nationale.
Dans son communiqué de presse, Coralie Dubost ne conteste pas précisément les faits reprochés, mais dénonce des « attaques injustes » et une « cabale antiparlementaire ». Sa décision de quitter la vie politique fragilise, par effet de contraste, la position d’autres piliers de la majorité qui, dans des circonstances similaires, ont toujours refusé de se mettre en retrait de leur mandat.
C’est notamment le cas du député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, conseiller d’Emmanuel Macron à l’Élysée, dont les nombreuses mises en examen (dont une pour des soupçons de détournement portant sur 167 000 euros de frais de mandat) n’ont jamais fragilisé sa position politique.
Même absence de sanction pour le député du Val-de-Marne Jean-Jacques Bridey, un des premiers socialistes ayant rallié Emmanuel Macron à la création d’En Marche en 2016 (...)