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Affaire Benalla : dans le téléphone « perdu », des messages comme « Tous des cons Alexandre sois zen et fort »
Article mis en ligne le 30 juillet 2019

L’ex-chargé de mission disait avoir égaré son portable personnel… mais les enquêteurs ont retrouvé la trace de l’appareil ainsi que plusieurs échanges avec l’Elysée.

« Monsieur le Président, hier après-midi j’ai été invité par la Préfecture de Police à observer de l’intérieur la manifestation du 1er-Mai, j’ai donc été équipé d’un casque et intégré à une équipe de policiers en civil et accompagné par un major de police. En fin d’après-midi nous nous sommes retrouvés place de la Contrescarpe, où la situation a plus que dégénéré, je ne me suis alors pas cantonné à mon rôle d’observateur (…) La scène assez violente a été filmée et même si on ne m’identifie pas très nettement je suis reconnaissable. Cette vidéo tourne actuellement sur les réseaux sociaux. Alexandre. »

Ce message, Alexandre Benalla dit l’avoir adressé via Telegram à Emmanuel Macron dans la nuit du 1er au 2 mai 2018, soit quelques heures après l’épisode de la Contrescarpe. Le jeune chargé de mission l’a ensuite transféré, peu après 9 heures du matin, à Alexis Kohler. Discrètement entendu par l’Inspection générale de la police (IGPN), les 17 et 18 avril 2019 (Patrick Strzoda l’a été en mars), le secrétaire général de l’Elysée a montré aux enquêteurs le numéro de téléphone expéditeur du message. Il s’agit du « 06 » de M. Benalla, mais pas n’importe lequel : celui correspondant à son fameux portable « personnel » – un appareil resté à ce jour introuvable. (...)

lire aussi :
"Tous des cons Alexandre" : Les messages de l’Élysée dans le téléphone "perdu" de Benalla

AFFAIRE BENALLA - “Je l’ai perdu (…) Je ne l’ai plus (…) Je ne souhaite pas donner d’élément sur ce téléphone”. Le 21 juillet 2018, Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron, ment aux policiers. Son téléphone personnel, loin d’être perdu comme il l’affirme lui-même, aura en réalité reçu et émis des messages dès le lendemain de cette première garde à vue. Messages dont le destinataire n’en sera pas moins que le chef de cabinet de Brigitte Macron, comme le révèle ce lundi 29 juillet le journal Le Monde.

Les journalistes Ariane Chemin et François Krug racontent ainsi l’incursion des enquêteurs dans le téléphone personnel d’Alexandre Benalla, qu’il avait déclaré perdu à l’époque, mais dont on sait aujourd’hui qu’il l’avait. “L’assertion de monsieur Benalla, le 21 juillet 2018 : “Cet appareil, je l’ai perdu”, est fausse”, ont conclu les enquêteurs après avoir découvert des signes d’activitésur le téléphone au lendemain de la déclaration de perte. (...)

grâce à l’étude de la ligne, les enquêteurs découvrent une correspondance inédite.

“Tous des cons Alexandre, sois zen et fort c’est le patron qui décide et à 30.000 kilomètres” [Emmanuel Macron se trouve alors en voyage officiel en Australie, ndlr] il ne décide rien te concernant”. Comme le révèle encore Le Monde, voici le message Jean-Luc Minet, le commandant militaire en second de la présidence de la République, reçu par Alexandre Benalla sur son téléphone personnel, au lendemain des incidents du 1er Mai. À l’ex-chargé de mission de répondre, “un brin rassuré”, écrit Le Monde : “Merci pour ton soutien.” Avant de supprimer les messages.

Deux mois et demi après les violences du 1er mai 2018, il annonçait lui-même au directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, la parution du tout premier article dans la presse qui allait lancer l“Affaire Benalla”. “Bonjour Richard, je tiens à t’informer qu’un article va sortir dans Le Monde sur le 1er-Mai. Amitiés. Alexandre.” Et le général de répondre : “Bjr Alexandre. Comme quoi les journalistes sont bien informés par nos amis… Amitié. Richard.”

 « Tous des cons Alexandre… » : les messages du téléphone « perdu » de Benalla

Jean-Luc Minet, le commandant militaire en second de la présidence de la République, au lendemain des incidents du 1er-Main, écrit dans un message, qui sera supprimé ensuite : « Tous des cons Alexandre sois zen et fort c’est le patron qui décide et à 30 000 kilomètres [Emmanuel Macron est en Australie à ce moment-là, NDLR] il ne décide rien te concernant ». Réponse d’Alexandre Benalla : « Merci de ton soutien ».

« Profil bas ça va se calmer. Dans un mois on n’en parle plus… », écrit Alexandre Benalla le 4 mai à son complice de la Contrescarpe Vincent Crase.

Le 18 juillet dans l’après-midi, sur le même téléphone, Alexandre Benalla prévient le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey : « Bonjour Richard, je tiens à t’informer qu’un article va sortir dans Le Monde sur le 1er-Mai. Amitiés. Alexandre. » Réponse du général : « Bjr Alexandre. Comme quoi les journalistes sont bien informés par nos amis… Amitié. Richard. » « “Le Monde”, ça traduit un certain état d’esprit… », continue Alexandre Benalla. « Oui exactement », répond Richard Lizurey. Des messages eux aussi soigneusement supprimés.

Alexandre Benalla reconnaît cependant avoir adressé via Telegram à Emmanuel Macron dans la nuit du 1er au 2 mai 2018, soit quelques heures après l’épisode de la Contrescarpe, ce message, qu’il a ensuite transféré à Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée : .(...)