Les réfugiés venus d’ailleurs et les associations dénoncent le « deux poids, deux mesures » du gouvernement en matière d’accueil.
Ils ne sont pas si loin d’un des centres ouverts par l’Etat pour mettre à l’abri les Ukrainiens qui arrivent en France, de jour comme de nuit, par les gares ou la route. Ils ne sont pas si loin mais eux dorment sous des tentes, à la rue. Dans un petit square de Pantin (Seine-Saint-Denis), plus d’une centaine de migrants, la plupart des demandeurs d’asile afghans, s’apprêtaient à passer la nuit du jeudi 10 mars dehors. (...)
« Donnez-nous un travail ! Donnez-nous un appartement ! Les Ukrainiens sont dans la même situation que nous. Je ne suis pas ici parce que je n’aime pas mon pays. » Assis sur un banc bricolé, devant un feu de palettes, Mohammad Akbari fulmine, dans une forme de désespoir qui semble confiner à la déraison. Ce demandeur d’asile afghan dit qu’il ne dort plus, puis évoque le chef de l’Etat de façon confuse, avant d’expliquer qu’il n’a plus de chargeur de téléphone et ne peut pas joindre son père. Cela fait sept ans déjà que Mohammad Akbari attend en Europe. Pendant six ans, il a vécu en Allemagne jusqu’à ce que sa demande d’asile soit définitivement rejetée. (...)
Autour de lui, dans le petit square de Pantin, les situations s’égrènent et se ressemblent. (...)