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27 PERSONNES S’ÉVADENT DU CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE VINCENNES
Article mis en ligne le 23 janvier 2018

Ils ont attendu les dernières secondes de 2017 pour se faire la malle. Le 31 décembre à 23h59 tapantes, 17 retenus du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes se sont évadés. « On avait un plan », raconte Samuel (1), l’un des fugitifs :
« Une personne avait volé un bip qui ouvre toutes les portes. »
Alors que les policiers trinquent à la santé de la nouvelle année, Samuel et ses compères se retrouvent dans le réfectoire. Avec le précieux sésame, ils ouvrent une issue de secours qui donnent sur la cour du centre de rétention. Ne reste plus qu’à escalader le mur. « C’était mon droit de m’évader », annonce-t-il quand StreetPress lui passe un coup de fil :
« J’ai de la famille ici, ma femme, mes enfants… Je voulais juste rentrer chez moi. »

Depuis, la grande majorité des fugitifs sont toujours dans la nature. Certains, affirme Samuel, ont même quitté la France.

Ils ont remis ça ce week-end

Aussi exceptionnel que cela puisse paraître, l’évasion du 31 décembre n’est pas la dernière en date au Centre de Rétention Administrative de Vincennes. « En ce moment, on a au moins une évasion par semaine », confirme un intervenant juridique. Dans la nuit du 20 au 21 janvier, 6 retenus ont ainsi pris la poudre d’escampette. Cette fois-ci, ils ont simplement donné un coup de pied dans une porte mal refermée. Dans le lot, un jeune Afghan qui devait être expulsé ce lundi 22 janvier sur un vol commercial. Dans la nuit du 21 au 22, ce sont à nouveau 4 personnes qui s’envolent et une dizaine de plus qui tentent de forcer l’une des portes du CRA. « La tension est trop forte », analyse un intervenant juridique :

« Je pense que cela découle d’un ras-le-bol de l’enfermement et des conditions de vie difficiles. » (...)

Cette vague de « fugues », comme les appellent les autorités, coïncide avec l’ouverture en décembre d’une nouvelle annexe au CRA où ont été transférés une bonne partie des retenus. « Elle a été ouverte en urgence suite à un incendie interne début décembre. Elle ne devait être inaugurée qu’en janvier ». À l’époque, plusieurs pensionnaires du CRA avaient essayé de se sauver avant de se faire rattraper. En représailles, ils avaient décidé de mettre le feu à leurs chambres. (...)

En octobre dernier, 60 policiers du centre de rétention avaient décidé de se faire porter pâle, le même jour pour dénoncer leurs conditions de travail… et le manque de personnel.