Derrière les articles ou les reportages radio et télé que vous consommez, il y a parfois un·e "pigiste", soit un·e journaliste payé·e à la tâche, sans garantie de revenu le mois suivant. Alors que les plans sociaux se multiplient dans la presse, que de nombreux médias sont rachetés par des milliardaires, et que la précarité s’installe durablement dans le secteur, de plus en plus de journalistes — souvent très jeunes, et souvent des femmes — quittent la profession. Certaines ont bien voulu nous livrer leur témoignage. Méconnu du grand public, le système de la pige est pourtant le rouage sur lequel repose une grande partie de la production journalistique. Enquête sur un maillon essentiel et précaire du journalisme.
La pige désigne un mode de rémunération à la tâche : le ou la journaliste pigiste collabore avec plusieurs entreprises de presse et est payé·e en fonction de sa production (articles, reportages audio ou vidéo, photographies), et non de son temps de travail. Depuis la loi Cressard de 1974, les pigistes sont reconnu·es comme des journalistes professionnel·les à part entière. (...)
La pige : quelles rémunérations ?
Au-delà du contrat de travail, les entreprises de presse sont censées respecter des barèmes conventionnels de rémunération. Dans la profession, ces grilles sont jugées largement insuffisantes. (...)
Dans ces conditions, les pigistes doivent démarcher en permanence de nouvelles rédactions pour espérer atteindre un revenu mensuel stable. (...)
Le journalisme est une profession qui se précarise de plus en plus, et les pigistes sont souvent en première ligne. (...)