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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Liberté de la presse : sur le continent américain, des conditions de travail de plus en plus dégradées
#USA #Trump #libertedelapresse #journalistes
Article mis en ligne le 4 mai 2026

Ce dimanche 3 mai marque la Journée internationale de la liberté de la presse, de plus en plus menacée notamment sur le continent américain. Les journalistes subissent de telles pressions qu’ils sont souvent conduits à fuir leur pays pour pouvoir continuer à travailler. Aux États-Unis, Donald Trump, qui avait pris l’habitude de huer les journalistes lorsqu’il était en campagne et de les dénigrer devant ses foules de supporters, n’a quasiment pas changé depuis qu’il est revenu au pouvoir.

En Amérique latine, mais aussi aux États-Unis les conditions de travail des journalistes sont en régression. C’est le constat très alarmant dressé par Carlos Lauria, directeur exécutif de l’Association de la presse inter-américaine, auprès de Jelena Tomic, du service international de RFI : « Le continent américain traverse une phase critique pour le journalisme qui est attaqué sur de multiple fronts : il y a la pression du pouvoir politique, la montée des autocrates, les structures criminelles, le harcèlement judiciaire... Mais il y a aussi un espace public saturé de mensonges et de désinformation. Cela crée un climat hostile aux journalistes, qui sont fréquement diffamés et discrédités en raison de leur travail.

La situation est d’autant plus préoccupante que la violence persiste à l’égard des journalistes. (...)

Sur le continent, les agressions physiques, pressions judiciaires et politiques, ou encore le harcèlement sur les réseaux sociaux se multiplient. À tel point que des dizaines de journalistes sont obligés de travailler depuis l’étranger. (...)

Mais la pression peut être aussi très subtile - comme en intégrant des journalistes ou des influenceurs de la mouvance MAGA autour du président. Aurelia End, correspondante à la Maison Blanche pour l’Agence France-Presse, décrit les conséquences à notre correspondante à New York, Carrie Nooten : « On va être dans le Bureau ovale, on va avoir des questions sur l’Iran, l’Ukraine, l’actualité internationale du moment. Et là, ces journalistes MAGA vont intervenir avec des questions totalement déconnectées qui vont avoir trait à l’immigration, qui vont être orientées de manière à critiquer l’opposition ou à chanter les louanges de Donald Trump. De fait, ça nous laisse moins d’espace pour poser des questions que tout le monde se pose, à savoir que va faire le chef d’État de la première puissance mondiale des multiples crises qu’il a lui même initiées. »

Pour l’instant, l’autocensure des journalistes américains n’a pas encore des niveaux égalés à ceux de Chine ou de Russie. (...)