Des militants font irruption dans un théâtre, interrompent une émission devant un public familial et accusent Akim Omiri d’antisémitisme – une scène qui pourrait sembler surréaliste si elle n’était pas symptomatique d’une époque où les critiques d’un gouvernement génocidaire sont systématiquement renvoyées à une seule et même accusation. Celle qui dispense de débattre, parce que son but n’est pas de démontrer, mais d’intimider.
(...) Face à cette intrusion, Akim Omiri aurait pu refuser le dialogue et exiger l’évacuation des personnes venues interrompre l’émission. Il a choisi de faire l’inverse : donner la parole à la représentante du groupe, l’inviter à exposer publiquement ses reproches et lui répondre point par point, calmement, devant les caméras, en rendant l’intégralité de l’échange public pour que chacun puisse se faire sa propre opinion. Dans les jours qui ont suivi, il a publié une vidéo sur sa chaîne YouTube, revenant en détail sur chacune des accusations formulées contre lui. (...)
Étouffer les voix qui critiquent Israël : une stratégie bien huilée (...)
dès les débuts de l’émission La Riposte, Akim Omiri a rappelé qu’il condamnait l’antisémitisme et refusait l’amalgame entre les personnes juives et l’État d’Israël. Ce principe devrait pourtant faire consensus. Les juifs du monde entier ne sont pas responsables des crimes du gouvernement israélien. (...)
Or une grande partie du débat public fonctionne aujourd’hui sur cette confusion permanente.
Si la lutte contre l’antisémitisme est évidemment une nécessité, elle ne peut être crédible que si elle combat les discours, les actes et les idéologies qui visent réellement les juifs en tant que juifs. Lorsqu’elle est mobilisée pour discréditer des opinions politiques, faire taire des critiques légitimes ou entretenir des amalgames, elle est détournée de sa raison d’être pour nourrir la haine même qu’elle combat.
Car lorsque tout devient antisémite, plus rien ne l’est vraiment. Les véritables discours de haine se retrouvent noyés dans un flot d’accusations lancées contre quiconque ose exprimer une opinion politique dissidente.
Akim Omiri : « l’arabe qui dérange »
Akim Omiri est humoriste, pas politicien. Pourtant, l’énergie déployée pour le discréditer est phénoménale. Il fait constamment l’objet de campagnes de dénonciation, de polémiques médiatiques et d’accusations récurrentes sur les réseaux sociaux. Harcèlement et menaces font partie de son quotidien.(...)
Une des explications de cette campagne d’intimidation tient au succès croissant de La Riposte : l’émission rencontre un public de plus en plus large grâce à sa critique frontale des puissants, des médias dominants et des responsables politiques. Cette audience nouvelle dérange nécessairement ceux qui préfèrent voir certains sujets rester hors du débat. (...)
Quand l’humour refuse de se coucher
Depuis toujours, les grandes figures de la satire ont dirigé leurs attaques vers les puissants : Coluche ou les Guignols n’ont pas marqué leur époque en choisissant les cibles les plus faciles, mais en tournant en dérision ceux qui détenaient le pouvoir politique, économique ou médiatique.
L’humour ne devient politiquement pertinent que lorsqu’il dérange ceux qui sont déjà en position de force, lorsqu’il révèle des contradictions, des privilèges ou des abus, pas lorsqu’il recycle les mêmes clichés sur celles et ceux qui servent déjà d’éternels boucs émissaires dans le débat public. Car l’humour oppressif ne demande aucune imagination. C’est le refuge des lâches sans idées. (...)
Voir la video sur Invidious (pas ou peu de pistage)⬇️
Benjamin Bellamy, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
