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RFI
Venezuela : des centaines de détenus prennent le contrôle d’une prison et dénoncent des « tortures »
#Venezuela #prisons
Article mis en ligne le 26 mai 2026

Dans l’État de Barinas, fief de l’ancien président Hugo Chavez, dans l’ouest du Venezuela, des centaines de détenus ont pris le contrôle d’une prison, dimanche 24 mai, et mis le feu à des matelas pour dénoncer de mauvais traitements.

C’est bien une mutinerie qui a lieu dans une prison de Barinas, au Venezuela, dimanche 24 mai. Sur des vidéos diffusées par l’Observatoire vénézuélien des prisons, on voit des dizaines d’hommes, le visage souvent caché, entourés de grands nuages de fumée noire, debout sur le toit de la prison. Les détenus filment aussi leurs cellules grandes ouvertes et réclament le départ du nouveau directeur de la prison, arrivé il y a un peu plus d’une semaine, en raison des traitements que les détenus affirment subir : coups, torture et arrêt des visites.
L’inquiétude des proches des mutins

Sur une autre vidéo diffusée par la même ONG, on voit un détenu blessé par ce qui ressemble à des tirs de chevrotine. (...)

L’Observatoire vénézuélien des prisons a écrit sur ses réseaux sociaux que « 1 200 hommes et plus de 100 femmes privées de liberté à l’Internat judiciaire de Barinas (Injuba) se sont déclarés en grève ».

Les proches des mutins, réunis devant l’entrée de l’établissement par dizaines, n’ont pas réussi à empêcher la garde nationale d’intervenir dans l’après-midi. (...)

les prisonniers « souffrent, parce qu’ils les frappent d’une manière vraiment horrible. Ils sont torturés, on leur jette de l’eau froide, on leur administre des décharges électriques, on leur met le feu, on les maltraite énormément. Nous voulons la destitution du directeur ».

Après l’intervention des autorités, plus d’une centaine de prisonniers ont été transférés dans un autre établissement. Une fonctionnaire pénitentiaire a annoncé lundi, à l’aube, aux familles « l’évacuation totale des 112 femmes détenues dans l’annexe féminine, sans toutefois préciser leur destination », selon l’ONG Observatorio Venezolano de Prisiones (OVP). (...)

Le Venezuela a un problème avec ses prisons

L’établissement n’est pas connu pour abriter des prisonniers politiques. Mais cette mutinerie intervient alors que les conditions de détention au Venezuela sont particulièrement scrutées depuis l’arrivée au pouvoir de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis en janvier. La surpopulation carcérale et les violations des droits humains sont régulièrement pointées du doigt par les ONG.

En avril, le gouvernement a confirmé la mort de cinq personnes lors d’une mutinerie dans la prison de haute sécurité de Yare III. En 2023, le président déchu Nicolas Maduro a ordonné une opération militaire pour intervenir dans les principales prisons du pays, contrôlées pendant des années par des gangs. (...)