En Libye, onze membres de la caravane humanitaire de Sumud ont été arrêtés par les forces du maréchal Haftar et sont détenus au secret depuis deux semaines dans la région de Benghazi. Leur état de santé est source d’inquiétude ; plusieurs ont entamé lundi 1ᵉʳ juin une grève de la faim et de la soif pour dénoncer leur détention, l’impossibilité qui leur est faite de rencontrer un avocat. Et pour Sumud, leur sort est aussi le signe d’une politique de plus en plus répressive à l’égard des expressions de soutien à Gaza.
La caravane est partie le 8 mai de Sétif, en Algérie, et s’est agrandie au fur et à mesure de son trajet. Seize jours plus tard, elle comptait près de 1 800 personnes lorsqu’elle a été arrêtée aux portes de l’Est libyen contrôlé par le maréchal Haftar.
« La crise débute le 24 mai lorsqu’une délégation de négociation de dix membres s’est approchée de Syrte, de bonne foi, pour négocier avec les autorités libyennes », raconte Mohamed Ghazali Khous, qui est l’un des ambassadeurs de l’organisation Sumud en France. « C’était surtout le Croissant-Rouge libyen qui était l’interlocuteur. Au lieu d’être reçus pour un dialogue, ils ont été forcés d’entrer dans des fourgonnettes banalisées et ont disparu. » (...)
Un changement d’attitude des autorités libyennes
De premières réunions avaient pourtant eu lieu, un dialogue était engagé. Mais soudainement, les autorités libyennes ont changé d’attitude, dit Mohamed Ghazali Khous, tant les forces de Khalifa Haftar qui ont arrêté une dizaine de personnes que le gouvernement de Tripoli qui a expulsé les autres membres de la caravane.
« Après le kidnapping, ceux qui étaient [restés] étaient dans un endroit sécurisé à l’ouest. Ils ont été attaqués dans leur campement et on leur a demandé de partir », ajoute Mohamed Ghazali Khous. (...)