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RFI
Sud du Liban : avec la destruction méthodique des habitations par Israël, une mémoire qui s’efface
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #Liban
Article mis en ligne le 3 mai 2026

Des villages entiers sont rasés de la carte par l’armée israélienne. Les habitants du Liban-Sud craignent de perdre leurs racines et leur mémoire.

(...) Le « modèle » de Gaza

Le même scénario se reproduit depuis des semaines dans des dizaines d’autres villes et villages du sud du Liban. Le ministre israélien de la Défense n’y est pas allé par des détours. Le 22 mars, Israël Katz a « ordonné d’accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact [à la frontière, NDLR] afin de déjouer les menaces visant les localités israéliennes, conformément aux modèles de Beit Hanoun et de Rafah à Gaza. »

En réalité, les destructions ne répondent pas nécessairement à des menaces potentielles. L’armée israélienne et des contractuels civils s’emploient à réduire en poussière les infrastructures civiles, les écoles, les lieux de culte, les bâtiments administratifs et les zones résidentielles.

Lors d’une conférence de presse, le 22 avril, la ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, a dénoncé une « destruction massive à tous les niveaux » de la part d’Israël.

Les démolitions ont commencé avant la guerre, le 2 mars, se sont poursuivies pendant les combats et se sont accélérées après l’accord de cessez-le-feu, le 16 avril. (...)

Un « domicide » délibéré

Les démolitions ont atteint une telle ampleur que les experts libanais parlent désormais de « domicide » délibéré, visant à rendre impossible tout retour des habitants.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées par la guerre actuelle, dont 250 000 habitants d’une soixantaine de villes et villages de la « ligne jaune ». C’est dans cette zone de 600 kilomètres carrés, considérée par Israël comme une « ligne de défense avancée », que se concentrent les opérations de destruction. (...)

Un désert de gravats à perte de vue (...)

Conscients du fait qu’ils ne retrouveront pas leurs maisons à la fin de la guerre, beaucoup d’habitants ont pris soin d’emporter, dans leur exode, les titres de propriété. (...)

Les maires des villages ont aussi emporté les fichiers de l’état civil et les autorités locales ont transféré le cadastre. (...)