Ces derniers jours, les messages de femmes se disant victimes ou témoins de comportements sexistes et de violences sexuelles, y compris des viols, dans plusieurs IEP de France se sont multipliés avec le mot-clé #sciencesporcs. Ces témoignages reprochent aux directions de ces établissements, qui forment notamment l’élite de la fonction publique, leur silence et l’impunité dont bénéficieraient les auteurs de ces actes, étudiants ou professeurs. (...)
« A toutes les victimes. On vous lit. On vous écoute. On vous croit. Force et honneur à vous », a posté sur Twitter la députée La France insoumise de Paris Danièle Obono. « Courage à vous. On vous croit. On vous respecte. Et nous sommes là pour accompagner aussi si besoin », a tweeté Sandrine Rousseau, candidate écologiste déclarée à la présidentielle de 2022 et vice-présidente de l’université de Lille. (...)
« Nous vous croyons. Vous n’y êtes pour rien. Vous êtes courageuses et courageux. Nous sommes à vos côtés. #sciencesporcs », a renchéri Caroline de Haas, cofondatrice du collectif féministe #noustoutes, sur le même réseau social. (...)
Enquête ouverte pour viol à Toulouse
La mobilisation est notamment partie de Sciences Po Bordeaux, où une page Facebook d’étudiants a rassemblé, depuis la fin de janvier, près de 150 témoignages dénonçant des violences sexistes et sexuelles, y compris des viols, conduisant la direction de l’école à annoncer la mise en place d’un groupe de travail pour mieux les prévenir, selon les médias locaux.
De nombreux récits similaires concernant d’autres IEP de France ont depuis afflué sur les réseaux sociaux. Une enquête préliminaire a d’ailleurs été ouverte après une plainte pour viol d’une étudiante de Sciences Po Toulouse, a rapporté mardi le procureur Dominique Alzeari. (...)
A Grenoble, le procureur Eric Vaillant a pour sa part dit avoir reçu « deux signalements d’agression sexuelle par la direction de Sciences Po Grenoble les 25 janvier et 8 février ». Des enquêtes ont été immédiatement ouvertes.
« Nous ne nions pas ces agissements, mais bien souvent nous ne les connaissons pas », a de son côté dit Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP de Strasbourg. (...)
Cette mobilisation intervient quelques semaines après la démission d’Olivier Duhamel de la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSPF, qui chapeaute l’IEP de Paris), accusé d’inceste sur son beau-fils. M. Duhamel n’a fait aucun commentaire sur ces accusations. (...)
Le témoignage de Juliette, qui raconte comment elle a été violée par un étudiant, a lancé le #sciencesporcs.
Elle raconte, avec un immense courage et une grande détermination, son histoire et comment l'administration de Sciences Po Toulouse, son école, a réagi. pic.twitter.com/iOq2SecGWX
— Loopsider (@Loopsidernews) February 9, 2021
Affaire Duhamel : le directeur de Sciences Po Frédéric Mion démissionne (lettre aux enseignants et étudiants) #AFP pic.twitter.com/bohjDc7BoB
— Agence France-Presse (@afpfr) February 9, 2021