Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
Ramatoulaye Touré, fondatrice du collectif de familles de disparus en Guinée : "Une disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude"
#migrants #disparitions #Guinée
Article mis en ligne le 1er juillet 2026
dernière modification le 27 juin 2026

Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.

(...) De la recherche en solitaire à l’alliance avec d’autres familles

Kadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.

Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.

Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.

Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ? (...)